Une économie durable, selon Thomas Mulcair

Le député fédéral et candidat à la direction du Nouveau Parti démocratique (NDP), Thomas Mulcair, était de passage à Edmonton, le 20 octobre  dernier, pour donner une conférence intitulée « Bâtir un avenir durable », dans le cadre des conférences annuelles Peter Lougheed,  organisées par l’Institut d’études canadiennes et le département de Science politique de l’Université de l’Alberta.

Venu présenter sa vision du développement durable, Thomas Mulcair croit que les enjeux environnementaux ont été bien identifiés auprès du public et que le temps est maintenant venu d’appliquer les lois dont nous nous sommes dotées dans l’exploitation des ressources naturelles au Canada.


Selon lui, l’exploitation des sables bitumineux au nord de l’Alberta peut et doit se faire dans le souci des générations futures qui devront en payer la note. « Le Québec est la première province à avoir une juridiction en matière de ressource naturelle, mais le fédéral a aussi des obligations en santé, auprès des Premières nations et des responsabilités au niveau de l’eau, que ce soit les voies navigables ou souterraines », argumente le politicien.

Basé sur le droit des citoyens de vivre dans un environnement propre et respectueux de leur santé, M. Mulcair a introduit la Loi sur le développement durable en 2005, à l’Assemblée nationale du Québec, alors qu’il était ministre de l’Environnement.

Vision plurielle, politique respectueuse
Le député du NDP soutient que toute décision gouvernementale devrait inclure trois composantes lors de son analyse, soit le développement économique, la protection de l’environnement et les impacts sociaux qui découleront d’une telle décision.

« Je ne dis pas qu’il faut arrêter d’exploiter les sables bitumineux, mais il faut arrêter les chicanes de clochers entre le développement économique et la protection de l’environnement. Les deux doivent se faire en même temps », indique Thomas Mulcair.

Ce dernier observe une polarisation du débat autour de ces enjeux avec un avantage de la droite politique. Celle-ci privilégie la loi du libre marché au détriment des politiques gouvernementales. « Les gens ont besoin de faire la connexion entre des décisions qui seront prises pour des raisons économiques et qui vont avoir un impact sur leur vie », rappelle M. Mulcair.
 
Un phénomène qu’il attribue en partie à l’indifférence des jeunes de 18 à 25 qui s’impliquent très peu en politique. En effet, 65 % de ce groupe de citoyens ne votent pas aux élections, selon les chiffres avancés par le député. « Il est prouvé que les gouvernements réagissent lorsqu’il y a une forte demande du public en faveur de quelque chose », avance-t-il.

Ce dernier cite en exemple le moratoire imposé par le gouvernement du Québec à la compagnie Shell sur l’exploitation des gaz de schiste, à la suite de protestation des citoyens.

M. Mulcair souligne du même souffle que la plupart des entreprises respectent les règles environnementales imposées par les gouvernements.

Le problème serait les règles qui sont trop laxistes, selon lui. « Les catastrophes écologiques surviennent en raison de choses qu’elles (les entreprises qui exploitent les ressources naturelles) n’ont pas eu l’obligation de faire. Il est temps que les gouvernements commencent à imposer leurs lois aux entreprises », précise le politicien.

Définir nos propres solutions
Thomas Mulcair estime que la société civile est présentement à un moment décisif où il serait temps que le Canada se dote de lois qui favoriseraient le développement durable, et ce, au nom des générations futures. Selon lui, le gouvernement canadien aurait la chance de servir de modèle sur la scène internationale en donnant à ses citoyens les outils nécessaires au développement d’une économie durable.

Le député néo-démocrate mentionne également que la destruction de l’environnement aura des impacts économiques qui se feront sentir internationalement. « Il faut accepter que si on importe des produits de pays qui n’ont pas de normes environnementales, ce sera aussi une entorse aux règles de base d’une économie internationale », mentionne-t-il.

Minorités linguistiques, une cause partagée
En tant qu’aspirant-chef du Nouveau Parti démocratique, M. Mulcair dit bien comprendre les enjeux vécus par les minorités linguistiques au Canada, étant lui-même Québécois anglophone. « Je suis très conscient de l’importance de la protection et de la promotion des institutions et des établissements scolaires dans la protection des droits linguistiques », exprime ce dernier. Il ajoute également avoir siégé au comité de révision des lois linguistiques du Manitoba en 1983.

Le politicien
Thomas Mulcair a fait ses études en droit à l’Université McGill à Montréal avant d’enseigner dans quelques collèges et universités au Québec. Il a été élu à l’Assemblée nationale du Québec de 1994 à 2006. Il a occupé le poste de ministre de l’Environnement de 2003 à 2006, période durant laquelle il a fait ajouter une clause de développement durable à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

M. Mulcair siège, depuis 2007, à la Chambre des communes comme représentant du NPD pour la circonscription d’Outremont, au Québec.
 

 

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