La francophonie albertaine vue par Alison Redford

Le Franco a eu la chance de discuter, le 17 octobre dernier, avec la nouvelle première ministre de l’Alberta, Alison Redford. Un entretien qui a permis de constater que Mme Redford entendait donner une place importante aux francophones durant son mandat, afin que ceux-ci se sentent inclus dans la communauté et à travers les politiques.

Bien que celle-ci laisse entendre que des élections provinciales sont prévues pour la prochaine année, Mme Redford assure vouloir travailler dès maintenant avec le nouveau ministre responsable du Secrétariat francophone, Cal Dallas, pour faire avancer certains dossiers. « Je ne sais pas encore quels seront les projets précisément, mais je m’engage à discuter des enjeux importants pour la communauté francophone », déclare-t-elle.


Dans la dernière année, le Secrétariat francophone aura connu beaucoup de changements. Lors du dévoilement du nouveau cabinet, la semaine dernière, il a été intégré au ministère des Relations internationales, intergouvernementales et aux Affaires autochtones.

Ce changement permettra, selon Alison Redford, d’engager un dialogue et de favoriser des politiques à long terme plutôt que des politiques réactives et aléatoires. Une façon de faire qu’elle privilégie de manière générale. « Maintenant, nous avons l’occasion, avec ce nouveau département, de discuter de la communauté francophone et des politiques relatives à celle-ci, et ce, à l’intérieur du Ministère », explique Mme Redford.

Elle précise aussi avoir transféré le Secrétariat francophone sous un ministre, en la personne de Cal Dallas, qui peut s’exprimer en français. « Il était important pour moi d’indiquer à la population que le Secrétariat francophone a changé de position dans le cabinet pour un poste plus élevé. Cela va amener de nouvelles opportunités », ajoute la nouvelle première ministre, sans toutefois préciser lesquelles.

Politique et autres
Par ailleurs, la mise en place d’une politique de services en français, une idée qui avait été développée alors que Ralph Klein était le premier ministre de l’Alberta, mais qui a été mise sur les tablettes depuis, pourrait être relancée, mais pas dans un avenir rapproché, souligne Mme Redford.

En effet, la première ministre n’a pas spécifié si elle avait l’intention, au cours des prochains mois, de relancer cette possibilité d’une politique d’accessibilité aux services en français en Alberta. Cependant, le gouvernement a l’obligation politique de le faire lorsque l’opportunité se présente, selon Mme Redford. « Il n’est pas possible de le faire dans chaque situation, mais dans la majorité des cas, oui », nuance la femme politique.

Pour cette dernière, sans en préciser la forme, il est important que son gouvernement se préoccupe de servir la population à majorité francophone dans leur langue maternelle.

La position de la première ministre est-elle influencée par la Cause Caron? Mme Redford affirme ne pas pouvoir commenter ce dossier puisque la Cour d’appel de l’Alberta entendra cette cause sous peu. Elle précise toutefois soutenir la même position que lorsqu’elle était ministre de la Justice.

Rappelons qu’en juillet 2008, le juge L.J. Wenden de la Cour provinciale de l’Alberta avait déclaré le Traffic Safety Act inopérant pour M. Caron, puisque, selon le juge, l’article 3 de la Loi linguistique de l’Alberta empiète sur les droits linguistiques de l’accusé M.Caron. Le gouvernement de l’Alberta avait alors décidé d’en appeler de cette décision, car selon la province ce n’était pas dans l’intérêt de la justice ou dans l’intérêt de la sécurité publique d’avoir un individu pour qui le Traffic Safety Act ne s’appliquait pas.

Par ailleurs, devenir première ministre ne change en rien sa position, dénoncée par plusieurs à travers le pays, concernant le bilinguisme obligatoire des juges nommés à la Cour suprême du Canada. On se souviendra que Mme Redord s’était ouvertement prononcée contre l’ajout d’un tel critère de sélection.

L’ancienne ministre de la Justice soutient que la priorité dans la sélection des juges reste l’expérience dans la pratique du droit et leurs perspectives légales. « Je pense que nous avons assez de candidats déjà bilingues qui ont une bonne expérience en droit parmi lesquels nous pouvons choisir », avance-t-elle.

Sans diminuer l’importance du bilinguisme dans les instances gouvernementales, Alison Redford croit qu’il n’est pas nécessaire d’en faire une qualification de premier ordre, d’autant plus que beaucoup de juges à la Cour suprême parlent déjà français.

 

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