Le mois de l’histoire des Noirs : une année charnière

Pour la 21e année consécutive, le mois de l’histoire des Noirs est célébré au Canada. Plusieurs membres de la communauté francophone en Alberta ont été invités, le 6 février, au Musée de l’Histoire, à Gatineau. C’est une première pour un gouvernement de lancer ce type d’initiative. Cette année, ils ont reconnu le fait de l’immigration de la communauté noire au Canada, mais aussi le fait de la discrimination. Une reconnaissance qui aura sans nul doute touché ces invités.

Couv 16 fevrier

 Visite du parlement, rencontre avec la sénatrice Claudette Tardif, discussion avec la ministre de Patrimoine canadien Mélanie Joly, rien n’aura été omis afin de mettre représentants et membres du gouvernement à l’aise. C’est donc, sous le signe du dialogue et de la reconnaissance que ces rencontres se sont déroulées. Au total, près de 2000 personnes auront été conviées. Parmi les invités, Jeanne Lehman ancienne présidente de la Francophonie albertaine plurielle (FRAP), Paulin Mulatris, Vice-doyen principal et aux études au Campus Saint-Jean ou encore Firmin Guéladé d’Africa Centre. « Dans le discours de Justin Trudeau, le premier ministre a reconnu la discrimination au Canada. Ce n’est pas un vain mot, c’est une réalité», a relaté Paulin Mulatris. L’autre aspect important souligné par le premier ministre durant son allocution est l’absence de représentativité politique. « Les barrières sont encore bien présentes, il a initié plusieurs activités, plusieurs directions », développe M. Mulatris.  Selon le Vice-doyen, dans le domaine du leadership, il est important de soutenir les jeunes à occuper l’espace public. Selon ses dires, la prise de conscience envers le racisme est encore très endémique. Il a donc encouragé tous les dirigeants à travailler dans ce sens.

Absence de modèle et perte de la mémoire collective  

Si les États-Unis possèdent des figures emblématiques en matière de chef de file, le dernier en date étant Barack Obama, le Canada ne peut pas en dire autant. Sur les timbres actuels, l’effigie de Mateus da Costa y figure. C’est un hommage rendu au premier Noir pour avoir accompagné Samuel de Champlain au Québec, et lui avoir servi d’interprète auprès des autochtones. « Il avait une connaissance des langues autochtones que de Champlain n’avait pas », explique M. Mulatris. Le Vice-doyen connaît bien le sujet puisqu’il a rédigé un article, voilà quelques années retraçant son histoire. Un nom qui est passé depuis inaperçu alors que Mateus da Costa a contribué indéniablement à la réalisation de ce pays. Autre fait marquant, un cow-boy du nom  John Ware a vécu dans la région de Brooks. Il représente une figure très emblématique de l’histoire de la communauté noire au Canada. Selon M. Mulatris, on a beaucoup perdu dans le domaine de la transmission et du patrimoine. La ministre de Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a donc appuyé toute cette initiative sur la mémoire collective. Plusieurs financements sont envisagés et ont été abordés, afin de favoriser un travail de recherche retraçant l’histoire de cette communauté. L’histoire d’Amber Village, lieu de vie de la communauté noire, situé dans le nord de l’Alberta est un exemple criant des traces d’un passé oublié. Depuis, le village a été entièrement rasé. « À l’époque de la guerre de Sécession, les royalistes de l’époque ont emmené des Noirs avec eux, et se sont installés en Nouvelle-Écosse », rappelle le Vice-doyen. En résumé, il est très facile d’oublier l’histoire. Des initiatives comme le mois de l’histoire des Noirs sont donc importantes, car elles nous permettent de comprendre et ne pas oublier la contribution de tous, dans la construction du Canada d’aujourd’hui.  

 

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