Sondage Léger Marketing : l’opinion des Albertains dévoilée

Bien que les Albertains connaissent peu la francophonie en général, ils s’accordent pour dire que parler français ouvre des portes et offre beaucoup d’opportunités à ceux qui le maitrisent.

Ce message semble mieux passer chez les jeunes, les universitaires et ceux qui connaissent déjà un peu le français. Néanmoins, il semble important, pour une majorité d’Albertains, qu’un francophone reçoive des services en français en santé et en employabilité.

Un sondage Léger Marketing mené par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) en mai et juin 2011 auprès de 1500 Albertains cherchait à mesurer l’opinion publique et les idées préconçues sur les services en français en Alberta et à évaluer le niveau d’appui des Albertains concernant l’augmentation des services en français dans la province.


Le sondage a aussi permis de mieux jauger l’impact et la réaction du public concernant la campagne de sensibilisation aux services en français en Alberta 225,000 Albertans speak Français.

Des résultats utiles
Il en ressort que la population de l’Alberta en général estime mal le nombre de francophones que l’on retrouve dans la province. En effet, près de la moitié des anglophones croient que la francophonie régresse en Alberta, alors qu’il en est le contraire. Chez les francophones, 40 % d’entre eux pensent que la population d’expression française est en baisse. Il n’est donc pas étonnant de constater que 58 % des anglophones sondés ne soient pas intéressés à en apprendre davantage sur la communauté franco-albertaine. « Autrement dit, s’il n’y a pas d’apprentissage précoce du français chez les Albertains, il n’y aura pas de curiosité ou d’intérêt de leur part à en apprendre davantage sur la langue et la culture », a expliqué le directeur général de l’ACFA, Denis Perreaux, lors de la présentation des grandes lignes du sondage, lors du Rond Point 2011.

Pour ce qui est de la disponibilité des services, 70 % des Albertains sondés sont persuadés qu’il est possible d’obtenir tous les services offerts en français auprès du gouvernement fédéral. Cette proportion chute à 29 % chez les francophones. Toutefois, 48 % des Albertains pensent qu’il est important d’offrir des services dans les deux langues officielles, l’opinion publique est plutôt divisée sur cette question.

Il semblerait que le statut de pays bilingue du Canada prime sur les avantages pour l’individu ou pour la communauté, pour ce qui est d’offrir des services dans les deux langues officielles. Les anglophones ont tendance à croire que la population francophone de l’Alberta est trop petite pour mettre en place une politique de service dans les deux langues officielles. Ils considèrent l’opération trop couteuse et contreproductive.

Seulement 35 % des répondants se disent en faveur d’augmenter les services offerts en français en Alberta, et 34 % en faveur d’une politique gouvernementale. « Les francophones qui demandent d’être servis en français sont perçus comme des gens qui veulent des privilèges », déplore Denis Perreaux.

Cependant, la majorité des Albertains croient qu’il est important pour les francophones de recevoir des services dans leur langue et encouragent les travailleurs du secteur de la santé et du service à la clientèle qui parlent français, à assister les francophones dans leur langue. « On ne peut pas rester abstraits dans nos demandes de droits et services, précise M. Perreaux, l’opinion et les appuis des Albertains baissent ».

Près de 60 % des Albertains croient que les francophones hors Québec ont autant, sinon plus, de droits que les anglophones du Québec. « L’opinion publique générale est que les Anglais au Québec ont la vie plus dure que les francophones ici, mais en réalité il n’existe pas d’équivalence entre les minorités des provinces », affirme Denis Perreaux.

Le français en public
Fait cocasse, les francophones de l’Alberta seraient plus susceptibles d’être étonnés s’ils apercevaient une publicité en français dans l’espace public que les anglophones. À 75 %, ces derniers seraient favorables ou neutres à une telle manifestation de la culture française. Une faible proportion, 20 % d’entre eux se disent mécontents s’ils voyaient une publicité en français. Un groupe qu’il faut ménager selon M. Perreaux. « L’idée c’est de ne pas réveiller ces 20 % et mettre l’emphase sur la proportion d’indécis pour les rallier à notre cause », avance le directeur général.

L’ACFA aurait donc avantage à faire connaitre la francophonie et les bénéfices d’apprendre le français comme deuxième langue en ciblant les jeunes et les universitaires, qui sont, de façon générale, plus ouverts envers les francophones. Le sondage laisse entendre que pour renforcer le soutien à une augmentation des services en français, il serait bon de donner une image positive des francophones et de montrer la population en croissance. « Ça nous donne des idées pour orienter nos messages. On pense souvent en généralité, mais il faut plutôt tailler le message et le cibler », conclut Denis Perreaux.

Méthodologie
Le sondage a été mené en ligne par questionnaire avec 1224 Albertains de 18 ans et plus choisis au hasard à travers la province selon la région, le sexe et l’âge, entre le 11 et 20 mai 2011. Les 283 Franco-Albertains sondés l’ont été entre le 25 mai et le 22 juin 2011.
 

 

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