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L’immigration francophone dans les territoires et l’Ouest canadien, où en sommes-nous ?

Le Bureau de la recherche du Campus Saint-Jean (CSJ) a présenté, le 26 janvier, la première conférence et dialogue intitulée Immigration francophone dans les territoires et l’ouest canadien : réalités et perspectives après 10 ans d’accueil et de service. Cette conférence financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, (IRCC) a permis de faire non seulement le point sur la situation, mais aussi de mettre en avant certains questionnements sur l’avenir de l’immigration, notamment celle qui a trait à l’Alberta.

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 La conférence s’est articulée autour de deux volets, le premier sous celui de la recherche et le second sous celui du dialogue.  C’est une étude comparative sur les différentes réalités en matière de démographie francophone dans l’Ouest du pays que les principaux intervenants tels que Paulin Mulatris, vice-doyen principal des études au Campus Saint-Jean, Marianne Jacquet, enseignante à l’université Simon Fraser en Colombie-Britannique et professeur depuis peu au Campus, Mamadou Ka de l’université de Saint-Boniface, et Lori Wilkinson de l’université du Manitoba, ont présenté à une cinquantaine de personnes. « L’immigration est l’un des enjeux fondamentaux de la société canadienne », a souligné Paulin Mulatris lors de la présentation.

Initier de tels dialogues reste donc essentiel pour l’avenir des minorités francophones hors Québec. Encore faudrait-il savoir de quoi parle-t-on ? C’est lors de la conférence internationale de l’établissement, organisée à Ottawa, voilà environ deux ans, que le directeur du Centre d’accueil et d’établissement, George Bahaya, fait remarquer le manque d’informations et de données à ce sujet.  L’appel est entendu et le Centre d’accueil se verra confié le fond de recherche, en devenant agent fiscal du projet.

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Observations

Durant la première partie de la conférence, chaque province a présenté à tour de rôle l’étude réalisée via des petits groupes de personnes. Cette cueillette d’informations a rassemblé un total de 587 personnes pour les besoins de l’étude (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Yukon, Nunavut et Territoires du Nord-Ouest).  

Une présentation de ces échantillons a permis de mettre en avant certaines corrélations que l’on retrouve souvent d’une province à l’autre. Par exemple, « plus on est éduqué, moins on utilise les services », font remarquer Marianne Jacquet et Mamadou Ka lors de la conférence. Après la présentation des données, la deuxième partie portant sur les besoins émergents, l’expérience des immigrants concernant les services et leurs cheminements ont été abordés. Cette seconde partie consacrée au dialogue, a soulevé certains questionnements.

Le dialogue

En deuxième partie, tous les participants ont été sollicités afin de répondre à trois questions centrales : 1) quels sont vos besoins en recherche ? 2) dans quelle mesure les services francophones prennent-ils en compte les initiatives des immigrants pour développer un leadership participatif ? 3) dans quelle mesure les services en français existants prennent-ils en compte les besoins à long terme et différenciés des immigrants (jeunes, moins jeunes, aînés) ?

Le but de cet exercice a consisté à dégager des pistes d’action. Dans le rapport de synthèse émis par le bureau de recherche du Campus, des éléments ont fait apparaître des besoins sur le fait que les organismes ne sont pas suffisamment équipés. Il faut adapter les services aux groupes de personnes.  Mais le désir de créer un organisme chef de file, en matière d’immigration, comme il en existe déjà en éducation ou en matière d’emploi a été aussi abordé. Certains participants ont d’ailleurs exprimé le souhait d’une redéfinition du RIFA en tant que potentiel chef de file. Le président actuel du RIFA et de l’ACFA provinciale, Jean Johnson, a tenu à rappeler que le RIFA était avant tout un réseau. « C’est un réseau à la base, le réseautage est crucial pour l’intégration », a t-il déclaré. Il a tenu également à souligner qu’il faut se donner les moyens d’une collaboration commune. Selon le président, le fait que le RIFA  puisse devenir livreur de services et non facilitateur de l’accueil, du développement et de l’intégration nuirait au processus d’intégration. « On ne veut pas dédoubler les organismes communautaires », fait-il remarquer puisque certains organismes oeuvrent déjà dans le domaine de l’immigration.

Des initiatives concrètes seront lancées dans les deux prochains mois par l’ACFA provinciale pour appuyer le plan d’action du RIFA.

Selon le chercheur Paulin Mulatris, le rapport de discussion de synthèse sera transmis à tous les participants ainsi qu’à l’IRCC.

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