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Quelle énergie pour demain ?

L'Alberta est à la croisée des chemins. D'un côté, il y a la voie que l'on connait déjà, celle des sables bitumineux, des modèles reposant sur les énergies fossiles, polluants et déjà en déclin. De l'autre, l'horizon d'un avenir énergétique diversifié, s'appuyant sur des modes de production plus propres et durables. La route que l'on va emprunter dépend de tous.

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 ÉNERGIES: UN BESOIN URGENT DE CHANGEMENT
 par Lucas Pilleri

Étroitement liée aux contestations des peuples autochtones qui se sont exprimés lors de la conférence de presse organisée par Greenpeace, la question de la transition énergétique est au coeur des débats. Alors que fait l’Alberta pour favoriser les énergies de demain ?

En décembre 2015, lors de la grande conférence sur le climat de Paris (COP21), les gouvernements de 195 pays issus des quatre coins du monde se sont promis de limiter l’augmentation des températures à la surface de la planète en dessous de 2 degrés Celsius. Afin de parvenir à cet objectif, il est crucial de réduire la part des énergies fossiles dans notre assiette énergétique au profit d’énergies plus propres. Dans ce contexte, il est difficile de comprendre l’approbation de nouveaux projets polluants, ce qui ne fait que retarder la transition énergétique promise par le gouvernement Trudeau. Pour beaucoup, le virage vers les énergies de demain doit s’amorcer sans plus attendre.

Un renouvellement nécessaire, dès aujourd’hui

Lors de la conférence, tous les intervenants ont effleuré la question de la transition énergétique. Le Chef de la communauté Athabasca Chipewyan, Allan Adam, a évoqué la notion d’évolution : « nous sommes au 21e siècle, nous sommes supposés évoluer, pas régresser », un commentaire qui résonne comme une exhortation aux gouvernements en place à préparer l’avenir pour nos enfants. « Les jeunes générations sont déjà désespérées, ne voient aucun changement, aucune évolution », a-t-il ajouté. Jane Fonda a qualifié notre période de « moment historique dans l’histoire de l’humanité », et Barbara William, également présente à la conférence Greenpeace, a, elle aussi, souligné « l’importance d’un débat sur la transition énergétique ». Le Chef Stewart Philip a, quant à lui, conclu la conférence en relevant le fait que « déjà, les investisseurs se sont tournés vers les énergies renouvelables », pointant du doigt le manque de clairvoyance des gouvernements qui poursuivent leurs intérêts dans une industrie du pétrole déjà en déclin.

Des initiatives en cours

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Il faut nuancer le débat en soulignant le fait que le gouvernement de l’Alberta a d’ores et déjà établi un Plan Stratégique sur le Climat (Climate Leadership Plan) qui vise à générer 30% de l’électricité de la province par les énergies renouvelables d’ici 2030. Un objectif ambitieux pour lequel la mise en place de la taxe carbone sera instrumentale. La totalité des revenus issus de cette taxe seront réinvestis dans la province, notamment au profit du développement des énergies vertes.

Un changement de mentalité radical

Il faut cependant aussi changer d’approche. Plutôt que d’adopter une posture attentiste sur ces questions environnementales, soyons proactifs. C’est ce que le Fond d’Excellence Canadien pour la Recherche a récemment entrepris via le financement d’un nouvel institut de recherche pour les énergies du futur de 75 millions de dollars (Future Energy Systems Research Institute). Cet institut sera basé au sein de l’Université de l’Alberta et a pour objectif d’aider la province à développer de nouveaux systèmes énergétiques, moins polluants et durables. Leur mission se concentre aussi sur des travaux de recherche autour de la gestion de l’eau et de la transformation des terres après exploitation, souvent au cœur des controverses car liées à des problèmes de santé publique majeurs.

Un cap à tenir

Voilà donc l’exemple d’un projet qui tente de placer la région, et le pays, à la pointe des nouvelles technologies de l’environnement. Le tout avec la ferme ambition de devenir de véritables chefs de file à l’échelle mondiale. Au-delà de l’installation de panneaux solaires, d’éoliennes, ou d’autres supports de création d’énergie non-polluante, il s’agit en fait aussi de changer les mentalités vis-à-vis de ces questions. L’encouragement de la recherche, de la formation universitaire, et de tout autre projet allant dans ce sens est primordial. Il sera bon de surveiller de près l’évolution de telles initiatives.

LA PERTINENCE D'UN TEL PROJET ?
Par Hélene Lequitte

L'approbation de l'Alberta concernant de nouveaux projets de sables bitumineux et l’encouragement du projet Keystone XL ont jeté un froid entre les dirigeants autochtones et le premier ministre Justin Trudeau. Une conférence organisée par le groupe Greenpeace à Edmonton, le mercredi 11 janvier, a permis aux dirigeants autochtones, ainsi qu’à l’actrice Jane Fonda, d’exprimer leur déception à l’égard du premier ministre, mais aussi, leurs craintes concernant l’avenir des futures générations.

La sonnette d’alarme est tirée et la confiance brisée ! La récente autorisation d’entamer des travaux d’expansion des oléoducs des lignes 3 et de Kinder Morgan en a décontenancé et inquiété plus d’un. Justin Trudeau avait parlé lors de sa campagne d’une promesse de réconciliation auprès des communautés autochtones. Aujourd’hui, l’avenir s’annonce sous des auspices bien différents.

Durant deux jours, des hauts dignitaires des communautés autochtones tels que le Chef Allan Adam de la région Athabasca Chipewyan en Alberta, le grand Chef Derek Nepinak du Manitoba, et le grand Chef Stewart Phillip de la Colombie-Britannique, ont tenu à visiter la région et à parler aux membres de la communauté. Ils ont été rejoints par Melina Laboucan Massimo de Greenpeace, et les actrices Barbara Williams et Jane Fonda, porte-paroles de la cause environnementale.

Durant cette visite, des protestations comme “rentrez chez vous” ont été lancées à l’attention des membres de la délégation, a souligné Jane Fonda. “Nous ne sommes pas ici pour injurier l’Alberta, Fort McMurray et les personnes qui travaillent dans l’industrie du pétrole. C’est un moment crucial pour l’histoire de l’humanité et nous manquons de temps”, a argumenté l’actrice oscarisée. “Si nous ne faisons rien, nous détruisons le futur de nos petits-enfants”, a-t-elle ajouté.

Le Chef Adam, de la région Athabasca en Alberta n’a pas mâché ses mots lors de cette conférence, pointant du doigt les intentions du premier ministre: “quand le premier ministre Trudeau dit qu’il est impatient de travailler avec Trump sur un projet d’expansion d’oléoduc, entre autres Keystone XL, cela en dit long sur son engagement à respecter les droits des autochtones et à prévenir l’avancée évidente du changement climatique”, a-t-il lancé.  Selon le grand Chef Stewart Phillip, l’opinion publique s’est ralliée à la cause des autochtones, “nous savons que nous aurons de nombreux alliés pour contester l’oléoduc de Kinder Morgan”, a-t-il précisé.  

Transition énergétique sujet à polémique

Ces travaux d’expansion sont-il nécessaires et quel sera le coût réel que cela engendrera tant sur la santé des gens que sur celle des futures générations ?

“Il y a 20 à 21 plans de sables bitumineux dans la zone déjà prêts, pourquoi avons-nous besoin de plus que ce que nous avons déjà et aggraver les problèmes environnementaux et les problèmes de santé qui touchent les membres de notre communauté ?”, relate le Chef Adam. En attendant, plus de 120 tribus des deux côtés de la frontière ont dit non à l'expansion des sables bitumineux par le biais de leur territoire traditionnel.

L’emploi permanent dans le secteur pétrolier: est-ce donc un mythe ou une réalité ? La réponse dans quelques années ! La transition énergétique est plus que jamais au centre des débats.

 

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