Consultations : une première phase prometteuse

Cover-Final okLa phase de consultation auprès de la communauté francophone est désormais terminée, le gouvernement prépare un résumé de ces discussions et le rendra public courant janvier 2017. Le Franco s’est entretenu avec quelques-uns des participants sur leurs attentes à propos de la future politique de services en français.

« Nous assistons au développement d’un nouveau chapitre dans l’histoire de la francophonie albertaine, » a déclaré Jean Johnson, président de l’ACFA. Et cela a commencé par la série de neuf consultations organisées en novembre dernier par le gouvernement provincial auprès de plus de 150 représentants de la communauté.

Dans un précédent article, le Franco avait rapporté le résultat plutôt positif des trois premières consultations qui avaient porté sur l’histoire et le patrimoine, l’éducation et le développement économique. Depuis, six autres se sont tenues sur les thèmes suivants : santé, immigration, justice, arts et culture, relations avec le gouvernement, services sociaux.

 

Pour une reconnaissance officielle

Tous les participants interrogés ont souligné combien les discussions ont été riches et ouvertes, et combien ils se sont sentis écoutés par le gouvernement. S’il y avait une problématique commune à toutes ces sessions de consultations, ce serait celle du besoin de reconnaissance de la langue française et de la communauté francophone par le gouvernement. « Nous ne sommes pas juste une minorité parmi d’autres, la langue française est une langue officielle ! » nous a dit Georges Bahaya, directeur du Conseil d’accueil et d’établissement Alberta-Nord.

Pour le président de l’ACFA, « une reconnaissance n’est pas un élément de soustraction pour les autres communautés, au contraire, c’est un renforcement des valeurs canadiennes de pluralité. » Ce qu’il souhaite, c’est que la future politique de services en français clarifie les raisons pour lesquelles il est important de faire quelque chose pour la communauté francophone.

Il s’agit de reconnaître non seulement l’existence de la francophonie albertaine, mais aussi sa contribution économique, sociale et culturelle à la province, pour Stéphane Perreault, président du Réseau santé albertain. « Nous ne sommes pas là que pour demander des services, notre communauté contribue au développement de la province », a-t-il fait remarquer.

En matière de santé, la langue est aussi un facteur déterminant, nous a également expliqué M. Perreault. Pouvoir communiquer dans sa langue permet un contact plus authentique avec le praticien, et plusieurs études ont démontré, a ajouté M. Perreault, que cela augmente le suivi et le respect du traitement prescrit. « Nous souhaitons que la langue comme facteur déterminant de santé devienne l’un des principes qui formeront la nouvelle politique », a souligné le représentant.

 

« Un dossier évolutif »

La nouvelle politique devra s’appliquer non seulement aux ministères, mais aussi aux agences gouvernementales, c’est une recommandation qui a été exprimée très clairement par la communauté, a confirmé M. Johnson. Dans le domaine de la santé, par exemple, on ne peut en effet s’attendre à de réels changements que si Alberta Health Services, qui est une agence gouvernementale, est incluse dans la politique de services en français.

De manière générale, les relations avec le gouvernement ont déjà pris un virage depuis l’annonce de la préparation de la politique. M. Johnson pense que le fait que de nombreux francophiles s’expriment en sa faveur ajoute une certaine pression sur le gouvernement, ce qui est favorable à la communauté. Est-ce que la fonction publique va suivre ? M. Johnson se pose la question et estime que c’est un processus qui va nécessiter beaucoup d’énergie et de travail.

« J’ai beaucoup d’attentes vis-à-vis de cette nouvelle politique, mais je sais aussi que c’est un dossier évolutif qui va prendre encore beaucoup d’efforts », a confié le président de l’ACFA. Le contexte économique n’est pas très favorable aux grandes dépenses, a-t-il poursuivi, mais il y a tellement de choses qui peuvent être mises en place sans coûter trop cher ; nous devons donc nous concentrer dans un premier temps sur ces ‘cibles faciles’. »

Les discussions menées lors de ces neuf sessions de consultations seront résumées dans un document en cours d’élaboration par le gouvernement, qui sera rendu public au mois de janvier prochain. Des discussions supplémentaires sont par ailleurs envisagées l’année prochaine avec des « partenaires clés, tels que l’ACFA », selon Rhéal Poirier du Secrétariat francophone. Tout ceci dans le but de présenter la nouvelle politique courant 2017.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut