Espace franco : discussion des résultats de faisabilité

Le samedi 12 novembre dernier, une soixantaine de personnes se sont réunies à la Cité des Rocheuses pour prendre connaissance des résultats de l’étude de faisabilité du projet d’infrastructure Espace Franco, et discuter des prochaines étapes. Retour sur les principaux éléments de discussion.

Préparée par la firme Brynaert Brennan et associé.e.s, l’étude de faisabilité présente une analyse des besoins de la communauté francophone de Calgary, réalisée à partir d’un sondage en ligne effectué en mai et juin dernier auprès de 417 personnes.

L’étude donne également suite à la rencontre communautaire de juin où les organismes et associations de la communauté avaient été invités à exprimer leurs besoins et leurs attentes vis-à-vis d’un centre multiservice francophone, nous a expliqué Nicole Buret, présidente de l’ACFA régionale de Calgary.

Cette fois-ci, les participants ont également eu l’opportunité de s’exprimer, et de discuter du canevas de travail du comité responsable du projet, avec l’aide de la consultante Linda Savard.

« Cela s’est très bien passé, les gens étaient très intéressés, et soixante participants, c’est très bien pour une longue fin de semaine », a déclaré Mme Buret.

Financement

À partir des besoins exprimés par la communauté, l’étude estime que le projet d’infrastructure nécessite une superficie totale de 185 250 pieds carrés, et que sa construction coûtera 42,4 millions de dollars.

Pour Hervé Stéclebout, directeur général de la Cité des Rocheuses, ce montant est « complètement surréaliste », d’autant plus que cela ne comprend pas les coûts d’achat et d’aménagement du terrain.

Quatre bailleurs de fonds financent l’étude de faisabilité et le processus de consultation : Community Initiatives Program ; le Secrétariat francophone; Calgary Foundation ; et Patrimoine canadien.

Pour la suite du projet, Brynaert Brennan et associé.e.s. recommande « l’exploration de l’intérêt des bailleurs de fonds publics, incluant des engagements de principe. »

Selon la présidente de l’ACFA de Calgary, la recherche de financement a déjà commencé, tandis que M. Stéclebout a déclaré que les bailleurs de fonds n’avaient pas encore été contactés.

Espace FrancoDimensions du projet

À l’époque où la Cité des Rocheuses a ouvert (en 1996), le nombre d’organismes francophones était beaucoup moins important qu’aujourd’hui, selon Mme Buret. Cela change la donne, selon elle. De plus, les besoins actuels des organismes francophones nécessitent un zonage spécifique, qui n’est pas possible à la Cité, toujours selon Mme Buret.

Le directeur de la Cité des Rocheuses reconnaît les limites de sa structure, qui est en effet trop petite et où les places de stationnement sont insuffisantes. Mais il serait possible de l’agrandir en utilisant un terrain situé à côté de la Cité et qui appartient actuellement à la ville de Calgary, a-t-il indiqué.« Il serait aussi possible de rezoner la Cité des rocheuses actuelle comme cela a été fait pour la Cité francophone à Edmonton, » a ajouté le directeur. Cette expansion ne permettrait pas de couvrir la totalité des besoins recensés, mais répondrait à une bonne partie d’entre eux, selon M. Stéclebout. Réalisable sur cinq ans, ce projet d’agrandissement aurait le mérite d’être « viable, possible, et relativement rapide », a-t-il poursuivi.

Le directeur a d’ailleurs exprimé ses doutes quant à l’analyse des besoins présentés dans l’étude de faisabilité. « L’étude est une base de travail, qui demande à être affinée. Les besoins de la communauté ont été augmentés et ne sont pas en cohérence avec ce que la communauté a les moyens de s’offrir. Il faudrait ramener ça dans le réel et le possible », a-t-il dit.

M. Stéclebout se pose aussi des questions sur la représentativité de l’échantillon utilisé par le sondage.

À ce sujet, l’étude précise que « l’échantillon n’est pas aléatoire, les réponses reflètent la perspective des répondants et ne peuvent être généralisées sur la population dans son ensemble. Quatre-vingts pour cent des répondants étaient âgés de 31 à 50 ans. Sept répondantes sur dix étaient des femmes, et 74 % avaient des enfants à l’école primaire. »

Engagement communautaire

« Rassembler tous les acteurs de la communauté francophone autour d’un objectif commun, celui de bâtir ensemble un projet durable en infrastructure » est un des objectifs énoncés de l’étude de faisabilité, et de l’ACFA régionale.

Pour Mme Buret, la francophonie calgarienne a besoin d’une meilleure visibilité physique. Calgary ne dispose pas vraiment d’un centre communautaire tel que la Cité francophone d’Edmonton, selon elle.

Interrogée sur le rôle que pourra jouer l’actuelle Cité des Rocheuses dans ce projet, elle a répondu que l’ACFA souhaiterait que la Cité s’engage davantage. Une demande de rencontre avec le conseil d’administration de la Cité a d’ailleurs été émise.

Cette demande sera étudiée mercredi 16 novembre, nous a confirmé M. Stéclebout. « C’est un sujet sensible, a-t-il précisé, car la Cité n’est pas du tout évoquée dans l’étude de faisabilité, et on se demande par exemple pourquoi on envisage de construire une salle de spectacle alors qu’il y en a déjà une à la Cité. » La Cité ne souhaite pas s’engager dans un projet qui crée des doublons, et qui se met en concurrence avec elle, a-t-il ajouté.

Consolider l’engagement communautaire est une autre des recommandations faites par la firme responsable de l’étude. Et les consultations servent précisément cet objectif, a assuré Mme Buret.

« Les consultations sont intéressantes, a noté le directeur de la Cité, il s’agit de voir comment le processus va évoluer pour qu’un maximum d’organismes soit inclus dans la prise de décision, et pas seulement dans les consultations. »

À ce jour, le comité directeur du projet Espace Franco comprend l’ACFA régionale de Calgary, le Conseil scolaire FrancoSud, et le Conseil de développement économique de l’Alberta.

D'autres organismes font également partie du comité infrastructure, mais n'ont pas de pouvoir de décision : la Cité des Rocheuses; la Fondation franco-albertaine; Connexion carrière ; la Société de la Petite Enfance et de la Famille du Sud de l’Alberta; un représentant des communautés ethnoculturelles ; le CANAF; et la Société franco-canadienne de Calgary.

« Nous voulons nous assurer que toute la communauté, non seulement de Calgary, mais aussi de toute la région alentour, est bien représentée. Nous allons certainement accroître le niveau de représentation au sein du comité, pour inclure notamment les jeunes et les aînés. Mais nous allons d’abord attendre les recommandations de Mme Savard à ce sujet », a souligné la présidente de l’ACFA régionale.

Par la suite, le comité devra inclure des experts en projets de construction d’envergure, en planification, en montage financier et en gestion de projet majeur, comme le suggère l’étude.

L’étude recommande aussi de considérer le fait que le Conseil scolaire FrancoSud devienne le propriétaire de l’Espace Franco, avec une gestion participative communautaire des installations : « les projets relevant strictement d’organismes communautaires rencontrent d’importantes difficultés de continuité et de capacité financière. De nombreux projets d’envergure reposent sur l’expérience de gestion et la pérennité du financement d’institutions publiques telles que les conseils scolaires ou les institutions postsecondaires dans les communautés francophones. Selon nos analyses préliminaires, le projet d’ESPACE FRANCO est ancré financièrement par le Conseil scolaire FrancoSud, qui sera le plus important utilisateur d’espace selon les prévisions. »

Mais pour Mme Buret, ceci n’est pas la meilleure solution.

Prochaines étapes

Mme Savard, consultante responsable de la planification stratégique, devrait remettre son rapport d’ici Noël, a indiqué Mme Buret. En fonction de ses recommandations, les prochaines étapes seront précisées. Une réunion du comité directeur est déjà prévue pour le 17 janvier 2017. « On aura ensuite une idée plus conceptuelle au printemps 2017 », a-t-elle ajouté.

 

En collaboration avec Dominique Laberge

Crédit photo: Dominique Laberge

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