Radio communautaire du Grand Edmonton : Sa raison d'être

Les représentants du comité d’administration de la Radio du Grand Edmonton ont soumis leur candidature, le 29 septembre, devant les membres du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Cette audience a permis d’exposer le besoin et l’importance de créer une telle radio. L’enjeu principal demeure l’épanouissement de la communauté francophone en Alberta.

« Les radios communautaires sont les meilleurs porte-drapeaux de notre culture. [...] C'est un facteur de rapprochement, un pont, un pas vers l'autre, non point pour que l'autre devienne ce que nous sommes, mais bien ce qu'il est », a tenu à rappeler son président Jean Patenaude. C’est par ces propos tenus par l'Alliance des radios communautaires du Canada en juin 2001 que le président de la Radio du Grand Edmonton a entamé sa présentation. Prendre le pouls de la communauté ! C’est l’idée directrice qui est ressortie tout le long de cette présentation. Mais la communauté, qui est-elle exactement ?

IMG 3096Une radio au service de la diversité francophone

M. Patenaude a donné par la suite quelques chiffres sur la présence francophone dans la province. Environ 29 845 francophones vivent actuellement dans la région d'Edmonton. Les nouveaux arrivants originaires entre autres de l’Europe et de l'Afrique représentent 17,5% de la population francophone dans le Grand Edmonton. Sans oublier les banlieues, où 7 501 personnes vivent. Ces chiffres viennent étayer l’idée centrale de ce projet, à savoir « une occasion d'échange et de collaboration entre les nouveaux arrivants et la communauté d'accueil. Avec la radio communautaire, nous avons le potentiel de regrouper les francophones et les francophiles », soutient Jean Patenaude.

Valécia Pépin, membre du conseil d’administration, a abondé dans le même sens. « En tenant compte que c'est un important outil de communication, une radio communautaire dans un milieu minoritaire tel que le nôtre favorisera en premier temps la pluralité multiculturelle », souligne-t-elle. Selon elle, la radio offrira une plateforme d'information qui aidera les immigrants à se recréer une autonomie plus rapidement. Des émissions telles que Itinéraire, Afrique et Musique de par le monde sont des exemples afin de partager des histoires et créer des liens.

Pour une programmation plus diverseIMG 3100

« La programmation de la radio communautaire du Grand Edmonton a été élaborée pour s'adresser à toutes les collectivités et également compléter ce qui existe déjà », met en avant Carole Saint-Cyr, membre du comité d’administration de la radio. La programmation répond donc à un besoin précis ou plutôt un manque. « Aujourd'hui, le choix d'émissions françaises qui traitent de la réalité des citoyens d'Edmonton et de l'Alberta est relativement mince. La seule radio française que nous syntonisons est Radio Canada Alberta CHFA, et, depuis la nouvelle saison, nous n'avons plus que deux émissions quotidiennes qui suivent l'actualité d'ici », déclare cette dernière.

Financement

Geneviève Labrie, trésorière pour la radio, aura abordé le volet financier du projet plus tard durant la séance. Elle a confirmé que la radio recevra l'encadrement nécessaire pour développer son réseau d'affaire en devenant membre du CDÉA. De plus, le conseil administratif prévoit un fonds de dotation géré par la Fondation franco-albertaine afin d'assurer l'avenir de la radio sur le long terme. Autre fait important : lorsque la radio sera en onde, Mme Labrie a confirmé la tenue d'un Radiothon annuel afin de collecter des fonds, ce qui contribuera aussi à promouvoir la radio. Outre toutes ces mesures, la trésorière a fait part de quelques estimations : « Il y a plus de 75 organismes et plus de 250 entreprises qui offrent des services en français à Edmonton. Si chacune d'elles consacrait un pourcentage de son enveloppe marketing à des annonces sur nos ondes, ça pourrait rapporter un revenu récurrent de 287 500 $* ». Ce type d'entente est d'ailleurs déjà en marche avec quelques entreprises.  

La création de cette radio montre un véritable potentiel et une raison d’être. « Le commissaire M. Dupras a même dit directement à l'ACFA régionale d'Edmonton que les propos étaient clairs et qu'on voyait très bien quels étaient les besoins », a ajouté Mme Saint-Cyr.

Être le carrefour de la communauté et d'expression française, c’est leur souhait le plus cher.

La réponse du CRTC devrait se faire connaÎtre dans les six prochains mois.  

 

* 500 $ par organisme + 1 000 $ par entreprise

 

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