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Rust Magic Street Mural Festival: Quand l’art s’invite sur les murs de béton

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Vous les avez peut-être remarquées? Une quinzaine de murales plus colorées les unes que les autres ornent maintenant les murs, autrefois gris ou beiges, d’autant d’édifices d’Edmonton. Une de celles-ci est d’ailleurs située en plein cœur du quartier francophone de la ville, sur un mur du Pub irlandais Duggan's Boundary.

C’est à Annaliza Toledo et Trevor Peters que les habitants d’Edmonton doivent ces nouveaux revêtements de façades. Le couple, passionné d’art visuel, a créé le festival de toutes pièces, presque par altruisme. « Nous aimons voyager, et nous avons remarqué que dans plusieurs villes du monde, comme Auckland (Nouvelle-Zélande) et Tokyo (Japon), l’art public est mis de l’avant afin de rendre la ville plus invitante, plus joyeuse », constate Annaliza Toledo.KRAMELEDU

DEDOS

En comparaison, Trevor Peter a remarqué à son retour au pays qu’Edmonton comptait beaucoup de murs gris et vierges. « Pour nous, c’est une opportunité pour l’art public. Il y a beaucoup d’Edmontoniens très vibrants dans la ville, mais on ne voit pas vraiment leur art dans les rues », concède-t-il.

Justement, comment ont-ils choisi les murs qui ont pu bénéficier d’une cure artistique? « Nous nous sommes promenés dans la ville et nous avons privilégié les endroits avec beaucoup de trafic, pour que le plus de gens possible soient exposés aux murales », répond Trevor Peters.

Artistes locaux et internationaux          
Pour la première édition du festival, le couple n’a pas lésiné sur la qualité des artistes invités à se produire sur les murs. « Nous avons sept artistes provenant de l’international et sept autres venant d’ici et nous connaissons la plupart de ceux-ci depuis longtemps », lance Annaliza Toledo. Le couple voulait aussi assoir la réputation du festival grâce à participation d’artistes de renom. «Par exemple, nous avons choisi Wane One, de New-York, qui est très reconnu pour ses graffitis en plus d’être un excellent porte-parole pour la culture de cet art public, et ce, depuis les années 80 », renchérit Trevor Peter. Il ajoute que c’est ce qu’ils souhaitaient montrer aux gens d’Edmonton. « Nous sommes assez critiques envers l’art, et nous savons ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas. À ce titre, Wane One agit un peu à titre de mentor pour le festival, et il souhaite s’investir encore plus dans les prochaines éditions », se réjouit-il.

Et tout prête à croire que ces choix judicieux portent leurs fruits. « La réponse du public est vraiment impressionnante. Nous n’avons reçu aucune critique négative. En fait, beaucoup de gens nous disent qu’il était temps qu’Edmonton embrasse son côté culturel. Et tout le monde veut en voir plus », se réjouissent Annaliza Toledo et Trevor Peters.

Le bon festival, au bon moment            
Bien que le festival n’ait pas reçu beaucoup de financement public ou privé, les créateurs insistent pour dire que son arrivée tombe à pile. « J’ai l’impression que la génération plus vieille cède tranquillement la place à des entrepreneurs artistiques plus jeunes qui ont plus de culot pour présenter des œuvres qui sortent de l’ordinaire », analyse Trevor Peters.WANEONE

C’est donc sans surprise qu’Annaliza Toledo espère voir Edmonton devenir une capitale culturelle dans l’Ouest et une destination artistique de choix. Selon ses dires, le festival remporte tellement de succès que d’autres villes, dont Boston, ont déjà approché le couple pour une exportation. « Nous avons considéré l’idée, mais nous nous investissons déjà tellement dans le festival à Edmonton que pour l’instant ce n’est pas possible. De plus, pour être honnête, c’est la ville d’Edmonton que nous voulons voir embrasser l’art public. Nous aimons vivre ici et c’est ici que nous voyons le plus d’opportunités pour le moment », de conclure les promoteurs. 

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