Imprimer cette page

Jason Kenney: Pour une unification des forces conservatrices

JKenney

Vous le croiserez peut-être sur les routes albertaines au cours du mois d’août : Jason Kenney, ancien ministre sous le régime de Stephen Harper, sillonne la province à bord d’un camion bleu dans le but de réunir les forces conservatrices de l’Alberta, et surtout, de défaire le gouvernement néodémocrate (NPD) de Rachel Notley à la prochaine élection. Pour ce faire, M. Kenney a l’intention de fonder un nouveau parti politique qui logera à l’enseigne la plus à droite de l’échiquier politique.

 

« Je crois qu’il faut unifier les Albertains pour défaire le NPD aux prochaines élections de 2019 », commence Jason Kenney. Pour lui, la division des Albertains entre le Parti progressiste-conservateur (PCC) et le Wildrose pourrait permettre la réélection du NPD. « Une majorité d’Albertains s’inquiètent gravement de la direction économique de cette province, sous la gestion du NPD, notamment à cause de la hausse des impôts et des politiques contre les entreprises et les commerces mises de l’avant », juge-t-il.

Selon ses dires, la province traverse actuellement une crise économique, et les politiques du gouvernement en place nuisent plus qu’elles n’aident. « Nous devons donc nous regrouper dans un parti compétent, et axer nos actions sur la croissance économique. Je veux obtenir un mandat du PCC dans la course à la chefferie, pour fusionner avec le Wildrose et créer un nouveau parti », annonce-t-il en guise de solution.

Or, le parti Wildrose n’est-il pas trop à droite pour fusionner avec le PCC? « Sur 86% des enjeux politiques à la Législature, les caucus de ces deux partis votent de la même façon. Cela veut dire qu’ils sont presqu’unanimes. Les différences entre ces partis sont donc grandement exagérées par les médias », remarque le principal intéressé. Jason Kenney ajoute que les électeurs du Wildrose, soient prêts de 400 000 personnes, étaient des anciens électeurs du PCC. « Ce sont eux qui ont permis au PCC de rester au pouvoir pendant plus de 40 ans. Je me propose donc de reformer cette coalition. »

Et pour les francophones?        
Le NPD mentionne sur toutes les tribunes qu’il est prêt à mettre sur pied une politique sur les services en français offerts en Alberta. Est-ce que M. Kenney, véritable francophile, compte poursuivre dans cette veine? « En tous cas, je serais le premier premier ministre albertain qui parle couramment le français. Et je suis très reconnaissant de l’histoire fondatrice de la communauté francophone en Alberta. Cela fait partie de notre histoire, mais aussi de notre avenir », lance-t-il promptement. D’ailleurs, tous les membres de son équipe parlent français. « Je veux m’assurer qu’il y a des appuis pour cette communauté linguistique, qui ne cesse de croître grâce à l’apport de nouveaux arrivants venants de partout », ajoute-t-il.

Cela dit, Jason Kenney admet qu’il n’est pas encore en mesure de détailler quelles politiques il pourrait mettre en place pour supporter la communauté francophone, et ce, dans un parti qui n’existe pas encore. « Ce n’est pas le moment de dicter ce genre de politiques. Mais je peux vous assurer que je serai un leader à l’écoute de la communauté francophone, et très sensible à ses priorités. Je crois être un allié de la Francophonie », a-t-il affirmé. Il renchérit avec un exemple. « J’ai dit à plusieurs reprises que le prochain chef du Parti conservateur à l’échelle nationale doit pouvoir s’exprimer en français, c’est primordial, insiste-t-il. Pour moi ce n’est pas négociable. Il faut reconnaitre la réalité linguistique du Canada, et aussi la communauté historique franco-albertaine. »

Retrouver l’avantage albertain               
M. Kenney mise sur « l’avantage albertain » pour rallier les conservateurs. « C’est une approche qui a donné une économie très dynamique à l’Alberta au cours des 25 dernières années. C’est-à-dire que les impôts et les taxes sont plus bas que partout ailleurs au Canada. Il y aussi la responsabilité fiscale et équilibrée », explique-t-il. Selon ses dires, cette philosophie est favorable à la création de richesses grâce au développement de ressources. « La population de l’Alberta a grandi énormément grâce à cette approche, car elle a contribué à attirer beaucoup d’immigrants », se réjouit-il.

Pour ce qui de la diversification de l’économie, M. Kenney se dit en faveur, mais avec certains bémols. « Tous les gouvernements albertains ont essayé de diversifier l’économie, mais les efforts se sont révélés un échec. Je crois plutôt que c’est au marché lui-même de se diversifier », se défend-il. Il continue : « ce n’est pas le rôle des politiciens ou des fonctionnaires de s’ingérer dans l’économie et à choisir qui sont les gagnants ou les perdants, relativement aux subventions offertes ». Pour lui, cette approche des années 80 ne fonctionne tout simplement pas. « La meilleure façon de diversifier l’économie, c’est d’y aller selon une approche pro-entreprises et des impôts plus bas que partout ailleurs, qui attire les investissements », pense le conservateur.  

Quant à son point de vue sur l’environnement, M. Kenney estime que le secteur pétrolier n’est pas un problème pour l’Alberta. « Au contraire, c’est un moteur de notre prospérité. Il ne faut pas s’en méfier. Il faut célébrer le fait que cela a donnée beaucoup de richesses à notre province. Oui il faut que notre économie se diversifie, mais sans ingérence ni subventions », termine-t-il.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Éléments similaires (par tag)