Legs historiques... Ne jetez pas vos archives!

Récemment, Denis Perreaux, directeur général de la Société historique francophone de l’Alberta, a visité les archives des Jeux francophones de l’Alberta, un mouvement pour lequel il a beaucoup donné par le passé. « Il manquait les archives des années où j’ai été là, car j’ai moi-même participé à la purge de cinq grands classeurs de documents. Il fallait faire de la place », se désole-t-il. Le passionné d’histoire a expliqué l’importance de ne pas se débarrasser de ses archives personnelles et professionnelles lors d’un atelier organisé par la Fondation franco-albertaine, le 19 mai dernier.

 

legsPour plusieurs, la route la plus importante à Edmonton porte le nom d’Anthony Henday. « On dit que c’est le premier Européen qui a foulé le sol albertain. Or, quand on lit ses journaux intimes, on apprend qu’il est plein d’admiration pour les francophones qu’il croise sur sa route et qui établissent des liens avec les peuples autochtones », corrige Denis Perreaux. L’explorateur y décrirait même de sa rencontre avec un leader français dans la région de Ghost pine Creek. « Donc, la question se pose. Pourquoi parle-t-on d’Anthony Henday et non des voyageurs francophones comme Beaulieu, Piché et Cardinal, qui étaient là avant lui? », demande-t-il. La réponse est simple. « C’est parce qu’aujourd’hui, on peut se rendre aux archives et lire ses journaux intimes. L’histoire se souvient de ceux qui ont laissé leurs traces », répond le directeur général.  

Apprécier sa valeur
Pour Denis Perreaux, peu de gens sont qualifiés pour juger leurs archives. « On se dit qu’on a vécu une petite vie. On se sous-estime car on est trop habitué à notre image et on ne se trouve pas important », exprime-t-il. Selon ses dires, beaucoup de gens jettent donc des archives qui pourraient être utiles à d’autres.

Il donne l’exemple de son propre père, décédé subitement. « On a trouvé une grosse boîte au fin fond du grenier dans laquelle j’ai trouvé des choses extraordinaires », partage-t-il. Parmi les trésors familiaux dénichés, il y a découvert une note manuscrite de son arrière-grand-mère, destinée à sa grand-mère. « Je sais que tu aimes le nom Médéric, dit la note, mais ton fils est né le jour de Saint-Gilles. Faudrait que ce soit Gilles son nom. » « Mon père s’appelle donc Gilles, et mon oncle, Médéric », divulgue-t-il. L’historien a aussi trouvé une demande d’admission pour le programme de journalisme au Dakota du Nord, mais qui n’a jamais été envoyée. « On ne l’a jamais su, mais mon père adorait le journalisme. » Pour lui, ces trouvailles représentent des joyaux pour l’histoire familiale et sa mémoire.

Quelques conseils pour archiver
Comment préserver ses documents personnels et familiaux?  Le guide Histoire de famille, créé par les Archives provinciales de l’Alberta, est un bon point de départ. Le guide explique clairement comment classer ses archives, selon neuf catégories. Denis Perreaux suggère aussi de nommer un gardien. « Inscrivez aussi dans votre testament que vous désirez conserver vos archives. » De plus, vos documents peuvent également présenter une valeur monétaire. « Vous pouvez recevoir un reçu d’impôts pour les archives que vous donnez, et ce, jusqu’à 2 000$ », termine-t-il.  

L’atelier a également donné la parole à Éloi DeGrâce, venu parler du testament spirituel ainsi qu’à Pierre Desrochers, au sujet du legs testamentaire.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut