La « Charte pour les enfants » : 14 livres étonnants sur les droits humains

Le 14 mai dernier a eu lieu le lancement de la version française d’une série de livres pour enfants intitulée « La charte pour les enfants ». Ces livres traitent de sujets complexes entourant les droits humains, mais de façon inventive et accessible pour les jeunes. Le droit d’être instruit en français ou en anglais, le droit de croire et d’avoir la foi et le droit à l’égalité, peu importe sa couleur, font tous partie de cette surprenante série de 14 livres. L’auteur, Dustin Milligan, est avocat dans la région de Toronto.

 

pLe Franco : Comment vous est venue cette idée de la « Charte pour les enfants »?
Dustin Milligan : Après ma première année d’université en droit, quelques étudiants et moi allions donner des ateliers sur les droits humains dans des écoles de la région de Montréal. J’ai remarqué assez rapidement qu’il y avait un manque de ressources sur le sujet. À la fin de mon année scolaire, j’ai donc décidé que j’allais changer cette situation et j’ai commencé à travailler sur un livre, qui allait par la suite devenir une série d’histoires qui offrent aux enfants un aperçu général de la Charte canadienne des droits et libertés.

LF : Quelle est la particularité de ces histoires?
DM : Chaque histoire a lieu dans une province différente du Canada et concerne un droit en  particulier. J’ai choisi les droits que j’ai jugés les plus parlant pour les enfants, et je les ai combinés avec des symboles culturels provenant de chaque province.

LF : Quel est le thème pour l’histoire qui se déroule en Alberta?
DM : L’histoire s’appelle « Sur les traces d’Emeuly Meuphy » et fait référence à l’égalité entre les hommes et les femmes. L’action se déroule au Stampede de Calgary. Les vaches participantes sont alors moins bien payées que les taureaux. C’est donc l’occasion parfaite pour traiter d’égalité entre les garçons et les filles, en racontant l’histoire de l’Albertaine Émily Murphy, particulièrement connue pour son combat militant en faveur des droits de la femme.

LF : Pourquoi avez-vous senti le besoin de parler de droits linguistiques en contexte minoritaire?
Je crois que la question de l’éducation en contexte minoritaire est au cœur de la Charte. Ces droits résonnent particulièrement bien auprès des enfants et offrent beaucoup d’opportunités d’éducation. Dans le livre, Bario, un bleuet qui vit en Nouvelle-Écosse, se rend compte qu’il perd peu à peu sa langue et sa culture francophone, car il vit dans un milieu largement anglophone. J’espère qu’en lisant l’histoire de Bario, les enfants d’un bout à l’autre du pays comprendront mieux l’importance de protéger et de préserver les minorités linguistiques au Canada.

LF : Pourquoi trouvez-vous important que les enfants en sachent plus sur les droits et libertés?
DM : Premièrement, ces histoires servent d’introduction pour parler de concepts complexes. Nous espérons que les enfants les comprennent, mais aussi qu’ils veuillent les protéger. Deuxièmement, je crois que cela peut donner du pouvoir aux enfants s’ils sont conscients qu’il existe des droits concernant l’égalité des sexes, l’égalité basée sur la religion, la race, l’orientation sexuelle, l’âge, etc. Non seulement ils apprennent sur ces concepts, mais ils seront plus enclins à respecter les autres.

LF : Comment avez-vous amené le sujet du respect de l’orientation sexuelle auprès des enfants?
DM : Cette histoire se déroule sur l’Île-du-Prince-Édouard. Les habitants de l’île sont représentés par des pommes de terre à un œil ou à deux yeux.  Deux pommes de terre à deux yeux n’ont pas le droit d’être amies parce que seules les amitiés avec le genre oculaire opposé sont permises. Nous expliquons alors que ces pommes de terre ne peuvent pas changer qui elles sont, elles sont nées avec un œil ou deux yeux. Cette histoire est aussi de genre neutre. Il n’y a pas de « il » ou « elle », le genre de tous les personnages est neutre.emeuly

LF : D’où tirez-vous votre imagination pour écrire ces histoires très créatives?
DM : Cela m’a pris plusieurs années pour écrire la série, que j’ai commencée en 2007. Petit à petit, je pense à une province ou à un territoire et l’inspiration me vient.

LF : Comment s’est passé le processus de traduction vers le français?
DM : Ça a été assez difficile parce que les histoires contiennent des personnages avec des noms particuliers. Le livre « Anne of Green Tomato » a été traduit par « Anne, la tomate au trognon vert ». Il y aussi Hare Trudeau, un petit lièvre. Ou encore Sir Wolfrid Laurier, qui est un loup. Nous l’avons donc changé en Sir Wilfrid Loup-rier.

LF : Travaillez-vous sur une autre série de livres?
DM : Je n’écris pas de livre pour enfants en ce moment, mais je m’amuse toujours avec la création littéraire. Je pense qu’un jour je m’aventurerai encore dans un projet de rédaction pour enfants, car il s’agit d’un milieu qui laisse beaucoup de place à la créativité.  

L’ensemble complet de 14 livres est en vente sur le site http://www.dc-canada.ca/La_charte.html au coût de 148,95$

Par Martin Bouchard

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