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A quoi s’attendre pour 2016..

 flag-472394 1920Le 1er janvier, les Albertains se réveilleront devant un paysage politique grandement différent de ce qu’il était à pareille date l’an dernier. L’année 2015 a débuté avec le Parti conservateur bien en place à Ottawa et à Edmonton. L’année 2016 débute pour sa part avec un gouvernement libéral majoritaire à Ottawa et un gouvernement néo-démocrate majoritaire à Edmonton, les deux ayant des politiques radicalement différentes de celles de leurs prédécesseurs. Les deux partis ont été élus en promettant d’amener du changement. Déjà, on peut au moins noter un changement de ton, même si la route qui mène aux changements de fond est encore bien longue.  

Au début de l’année, peu de gens entrevoyaient sérieusement la possibilité que les libéraux de Justin Trudeau remportent un gouvernement majoritaire. Le chef libéral, dépeint par ses adversaires conservateurs comme léger et inexpérimenté, aura su profiter de la longue campagne électorale pour incarner un changement à la fois politique et générationnel. L’Alberta, qui soutenait les conservateurs en bloc depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, a envoyé quatre élus libéraux aux Communes. L’un d’entre eux, le député d’Edmonton Mill Woods, Amarjeet Sohi, siège au Cabinet comme ministre de l’Infrastructure et des collectivités. Ce gouvernement libéral s’annonce radicalement différent du précédant. Déjà, sur de nombreux dossiers, le ton a été donné, à commencer par l’environnement.

Le gouvernement Trudeau a activement participé à la conférence de Paris sur les changements climatiques et a même été nommé pays-facilitateur. Autrefois perçu comme mauvais élève, le Canada sous la gouverne des libéraux a clairement annoncé au monde son intention de devenir un leader en matière d’environnement. Cette volonté a également été annoncée par le gouvernement néo-démocrate d’Alberta, qui a agi en instaurant une taxe sur le carbone. Encore une fois, il s’agit d’un virage à 180 degrés par rapport à l’ancien gouvernement conservateur de Jim Prentice. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau a fait de l’accueil de réfugiés syriens une priorité et a instauré un plan pour en accueillir 25 000 – quoique moins rapidement  que prévu – respectant ainsi sa promesse de campagne. Il ne serait pas étonnant, considérant l’impasse dans le conflit syrien, que le gouvernement décide d’en accueillir davantage dans les mois et années à venir.

La vision de Justin Trudeau concernant les relations fédérales-provinciales est aussi passablement différente de celle de son prédécesseur. Le premier ministre libéral a rapidement organisé une conférence des premiers ministres des provinces et territoires et a même invité ces derniers à participer à la conférence de Paris. Enfin, le gouvernement libéral a récemment annoncé la mise en place d’une commission d’enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues et s’est engagé à appliquer toutes les recommandations du rapport de la commission vérité et réconciliation, ce qui annonce également un changement de ton avec les Premières nations. En Alberta, au moins 28 homicides de femmes autochtones sont toujours non résolus et 19 sont toujours portées disparues.

La plus grande différence entre ces deux nouveaux gouvernements et les gouvernements conservateurs précédents est probablement d’ordre philosophique. D’un côté, les libéraux et les néo-démocrates prônent une plus grande intervention de l’État, que ce soit dans l’économie en investissant dans les infrastructures ou dans la société à travers des programmes sociaux. De l’autre, les conservateurs préconisent un État plus minimaliste en favorisant des baisses d’impôts et une diminution des dépenses en général. Conformément à cette philosophie, la taille de l’État fédéral a certainement diminué sous les conservateurs de Stephen Harper et l’Alberta a le taux d’imposition le plus faible au pays grâce au long règne de ce parti dans la province.  

Si les gouvernements de Justin Trudeau et de Rachel Notley incarnent le changement, il y a certaines choses qui ne changent pas ou sinon lentement et difficilement. La volonté de faire du Canada un leader en matière d’environnement ne change pas le fait que le secteur énergétique occupe une place importante dans l’économie albertaine (et canadienne). Par conséquent, le pétrole des sables bitumineux continuera à être exploité dans un avenir prévisible. Ce pétrole devra également être transporté vers les marchés d’exportations d’une manière ou d’une autre et le gouvernement fédéral aura un rôle à jouer dans la construction de pipelines interprovinciaux. La volonté d’une plus grande coopération entre les provinces ne change pas le fait que leur demande principale auprès du gouvernement fédéral est d’obtenir plus d’argent pour la santé, argent qui ne sera pas nécessairement disponible. Enfin, la volonté de rapprochement avec les Premières nations n’atténue pas l’immensité et la complexité de la tâche à accomplir dans ce dossier. Si le paysage politique a considérablement changé en 2015, certains changements seront graduels et certainement difficiles à accomplir.

 

 

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