Permettre aux homosexuels d’affirmer leur foi chrétienne sans pour autant cacher leur orientation sexuelle, c’est le but  que se sont fixé les organisateurs d’une conférence qui se tiendra à Edmonton du 4 au 7 août prochain et qui portera sur la sensibilisation face à l’homophobie dans les milieux religieux.

L’Église unie du Canada s’est formée clandestinement il y a 22 ans, lorsque des homosexuels se réunissaient dans le sous-sol d’un bar de Montréal pour parler de spiritualité. C’est ce qu’évoque la coprésidente de l’organisme Affirm United/S’affirmer ensemble, Nicole Hamel. « En 1988, alors même qu’il y avait déjà une grosse tension sur la question de l’homosexualité au Canada, l’Église unie avait déjà donné le droit officiel aux pasteurs gais de pouvoir donner la messe », rappelle-t-elle.

Depuis plusieurs années, l’organisme est associé à l’Église unie du Canada pour promouvoir un véritable dialogue sur la problématique de l’homophobie et aussi pour favoriser l’épanouissement de la communauté gaie au sein du cercle religieux.


Selon Nicole Hamel, la question de l’homosexualité est encore taboue dans les communautés religieuses. Elle ajoute que la population s’ouvre à une conception plus inclusive de la religion, grâce à des présentations comme celle qui sera justement organisée en marge du congrès annuel de l’organisme.

« Même si des décisions sont prises à l’Église unie du Canada, il peut y avoir de l’homophobie cachée. Dans un milieu donné, les gais et lesbiennes ne sont toujours pas acceptés. Dans ma paroisse par exemple, les anglophones n’avaient pas accepté les mariages homosexuels, donc tout le monde n’est pas au diapason », précise la coprésidente.

C’est sous le thème de Créer un monde meilleur que se déroulera la conférence. Quelques personnes viendront témoigner des défis que traversent les homosexuels aujourd’hui, au sein de l’Église. Ce sera le cas de Francine Proulx-Kenzle, Fransaskoise d’origine québécoise, est vice-présidente et administratrice générale francophone de l’organisme PFLAG Canada, qui œuvre en faveur de la communauté homosexuelle à travers le pays. Sa conférence portera sur la persécution et le suicide.

« Je suis impliquée à cause de mon fils Jérémie, qui a fait son coming out en 2006 et qui s’est suicidé il y a deux ans, à l’âge de 28 ans, confie-t-elle. Je suis ravie de faire partie de cette conférence à Edmonton. Je respecte l’Église unie et le chemin qu’elle a fait pour encourager les paroisses à s’affirmer. Ça me fait sourire aussi un peu parce que je suis catholique pratiquante et que dans ce milieu, on ne m’invite pas souvent à en parler. Mais de plus en plus, on en parle. Ça prend justement des organismes comme Affirm United/S’affirmer ensemble pour donner l’occasion aux gens de se poser des questions. »

La conférencière affirme ensuite être contente de voir que l’événement se déroulera aussi en français. « Ça fait partie de moi de toujours vivre avec mes racines francophones. Je suis justement responsable de la section française de PFLAG Canada et je tiens à ce que ma présentation soit bilingue », souligne Francine Proulx-Kenzle, qui estime que les francophones doivent aussi recevoir de l’information dans leur langue maternelle.

Justement, les organisateurs tiennent eux aussi à ce que cette conférence touche autant la communauté franco-albertaine que la population anglophone. La coprésidente de Affirm United/S’affirmer ensemble, Nicole Hamel, s’est mis un point d’honneur à ce qu’il y ait le plus de francophones possible à cet événement. « Je me suis rendu compte que la publicité en français doit avoir beaucoup plus d’information. Nous n’avons pas beaucoup de francophones qui participent aux conférences, mais si nous en avions plus, nous produirions aussi plus de brochures », ajoute-t-elle.

Elle indique que l’organisme n’est formé que de bénévoles; il est donc difficile d’assumer les coûts des traductions simultanées. Toutefois, les organisateurs sont prêts à jumeler une personne unilingue francophone à une personne bilingue, qui pourra traduire la conférence lorsque nécessaire. Tout ceci à condition que le participant se soit au préalable inscrit sur une liste qui permettra de détailler les besoins de chacun durant ces quatre journées de sensibilisation.

Les organisateurs s’attendent à accueillir une centaine de participants qui, selon Nicole Hamel, « s’annonce plutôt intéressant. »

Plusieurs autres conférenciers s’exprimeront au cours des quatre jours de l’événement. Seront présents, l’auteure et conceptrice des méthodes pour s’outiller à travers des moments difficiles, Karen Morton; un psychiatre ayant longtemps travaillé auprès des individus transgenres, Dr Lorne Warneke, et le directeur de l’Institut for Sexual Minority Studies and Services à l’Université de l’Alberta, Dr André Grace. Il est aussi cofondateur du camp fyrefly, un camp pour les jeunes homosexuels.

 


Source de la photo : www.affirmunited.ca
 

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