Plaintes sur le débat des chefs d’ICI Radio-Canada: Une réponse « arrogante et condescendante »

Drapeaux francos.jpgL’ombudsman d’ICI Radio-Canada, Pierre Tourangeau, soutient que les questions posées lors du débat des chefs en français, diffusé à l’antenne d’ICI Radio-Canada, concernaient l’ensemble des Canadiens. C’est ce qu’il conclut dans un récent rapport publié sur son site Internet. Une réponse qui a suscité de nombreuses réactions déjà au sein de la communauté francophone.

« J'ai trouvé sa réponse arrogante et condescendante. [Pierre Tourangeau] donne l'impression que les francophones hors Québec ne sont qu'une nuisance pour son institution. Ses arguments sont fallacieux et sans fondement. Je n'ai pas apprécié du tout », a indiqué le doctorant en science politique spécialisé en minorités linguistiques à l’Université de Montréal, Martin Normand.

Dans sa révision de la plainte de Line Branchaud, Pierre Tourangeau avoue que la question sur les droits linguistiques des francophones hors Québec n’a pas été abordée durant le débat. Il ajoute toutefois qu’elle n’a pas été soulevée non plus dans les médias en milieu minoritaire durant la campagne électorale.

« D’après mes recherches, les médias régionaux dans les communautés francophones de l’extérieur du Québec, y compris les antennes régionales de Radio-Canada, n’ont pas abordé cette question. Pourquoi? Parce que les débats électoraux y portaient sur tout autre chose et que les médias couvrent habituellement ce qui se passe sur le terrain », écrit-il. Un argument qui ne tient pas la route, selon Martin Normand.

« On voit bien que [Pierre Tourangeau] ne connaît pas l'univers médiatique francophone. De prétendre que les langues officielles n'ont pas été abordées dans les médias durant la campagne, c'est un gage du manque de crédibilité de son enquête », s’indigne le spécialiste.

Deux questions de moins pour les francophones

AnnickMartin-RW-5292Dans sa plainte, Line Branchaud soutient que « les questions des journalistes faisaient toujours référence au Québec sans se soucier d’aucune façon des droits linguistiques hors Québec ».

L’ombudsman d’ICI Radio-Canada soutient pourtant que les enjeux abordés durant le débat des chefs touchaient l’ensemble des Canadiens. Dans son rapport, il précise que, sur les 17 questions posées par les journalistes lors de la soirée, seulement deux mentionnaient le Québec. Une première sur la réforme du Sénat et une deuxième, posée au chef du Bloc québécois, sur un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec.

« C'est déjà deux de plus que pour la francophonie canadienne. Et de réduire cette "crise" à une vue de l'esprit, c'est de dénigrer l'opinion de tous ceux qui se sont plaints directement et qui se sont manifestés sous #nouscomptons », déplore Martin Normand.


Le politologue ajoute qu’il n’est pas surpris de la réponse de l’ombudsman. Martin Normand souligne cependant que la lettre de Pierre Tourangeau manquait de respect à l’égard des francophones hors Québec. « Je pense [qu’ICI Radio-Canada] a laissé de côté les langues officielles et accepte mal qu'on le lui reproche. Ses arguments sont insuffisants pour nous convaincre qu'elle a eu raison », conclut le doctorant de l’Université de Montréal.

 

Photo: Courtoisie, Martin Normand

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