Débat des chefs en français: Une « attitude Québec-centrisme qui pue au nez »

Montage TWITTERLe débat des chefs présenté jeudi par la société d’État ICI Radio-Canada et le quotidien numérique La Presse a suscité déception et frustration chez les francophones hors-Québec, y compris ici, en Alberta. La communauté franco-albertaine ne compte pas rester les bras croisés, une plainte doit être déposée sous peu par l’ACFA provinciale contre la société d’État.

 

« Plus on se dirigeait vers la fin du débat, plus la pression sanguine montait à savoir s’ils allaient enfin glisser un mot sur nos enjeux francophones », se désole le président de l’ACFA provinciale, Jean Johnson.

 

 

Le président de l’ACFA croit que les deux médias qui ont organisé, choisi les questions et présenté le débat des chefs de jeudi « ont manqué de respect envers 2,5 millions d’électeurs francophones hors Québec ».

Jean Johnson aurait apprécié que les journalistes posent, par exemple, aux chefs des cinq partis politiques invités, des questions concernant la Loi sur les langues officielles et le processus de nomination des juges à la cour suprême. « Le gouvernement de M. Harper ne respecte aucunement la Loi sur les langues officielles, mais nous aurions aimé connaître la position des autres partis sur la question », déplore-t-il.

 

Deux poids, deux mesures

Jean Johnson précise toutefois que ses commentaires ne s’adressent pas aux stations d’ICI Radio-Canada régionales. Plutôt, il cible le bureau de Montréal, qui produit une grande partie des contenus nationaux. « Il y a cette attitude Québec-centrisme qui me pue au nez. On a peur d’informer les Québécois de la présence des francophones à l’extérieur du Québec », s’indigne-t-il.

L’ACFA compte déposer une plainte au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour non-respect du mandat de représentation des régions de la société d’État. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada portera plainte, elle aussi, et invite tous les citoyens qui se sentent exclus et frustrés à faire de même. La FCFA mettra un modèle de lettre à la disposition des Canadiens sur son site Internet pour qu’ils puissent partager leurs préoccupations au CRTC.

 

#nouscomptons

Le mot-clic #nouscomptons, créé par la FCFA pour illustrer la frustration des francophones hors Québec, a été utilisé près de mille fois sur le média social Twitter depuis jeudi et a atteint plus d’un million d’utilisateurs. « Je lève mon chapeau à la FCFA pour avoir eu l’idée de ce mot-clic. Ça ne prend pas beaucoup d’énergie et de ressources à faire, mais c’est éminemment efficace. Cela a permis à la clientèle francophone de s’approprier un espace public qui fait toujours écho », souligne le doctorant en science politique spécialisé en minorités linguistiques, Martin Normand.

 

Qu’en pense ICI Radio-Canada Alberta?

« J’ai lu et entendu des bons commentaires concernant le travail que nous faisons en région. Notre mission est de bien refléter la communauté franco-albertaine que ce soit à l’échelle provinciale, mais aussi nationale. Nous allons continuer à le faire », précise la Chef médias des services français à ICI Radio-Canada en Alberta, Lynne Ouellet.


Cette dernière n’a pas réussi à regarder tout le débat pour des raisons familiales. C’est pour cette raison qu’elle s’est abstenue de commenter le contenu du débat des chefs de jeudi. Toutefois, elle a été témoin du mouvement initié par les francophones sur les médias sociaux. « C’est une bonne chose qu’ils se fassent entendre. Par contre, c’est important qu’ils sachent que le choix des questions qui ont été posées aux chefs n’a pas été fait localement », explique Lynne Ouellet. 

 

La campagne électorale se poursuit jusqu’au 19 octobre, jour du scrutin. Entre temps, les communautés francophones et acadienne du Canada espèrent que les chefs des principaux partis politiques les prendront en considération ainsi que leurs préoccupations.

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