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Élections fédérales: Une lutte féroce à trois partis

Politique canadienneLe débat des chefs organisé et présenté par le journal The Globe and Mail, le 17 septembre, n’a été d’aucune utilité et n’a pas aidé les électeurs à prendre leur décision, d’après le professeur en sciences politiques de l’Université Mount Royal, Duane Bratt. Ce dernier croit que les dés seront joués à la toute fin de la campagne électorale, à moins que l’un des candidats ne fasse un faux-pas.

 

Les plus récents sondages placent les partis conservateur, néo-démocrate et libéral à couteaux tirés, avec chacun plus ou moins 30% des intentions de vote. La lutte est donc très serrée, et devrait le rester jusqu’au jour du scrutin, le 19 octobre, d’après le professeur en sciences politiques de l’Université Mount Royal, Duane Bratt. « Tout peut arriver en un mois. Qui pensait, par exemple, que la crise des migrants en Syrie deviendrait un enjeu important dans cette campagne? Il pourrait y avoir d’autres événements du genre qui pourraient surgir et qui forceraient les chefs à prendre position », croit-il.

 

L’analyste politique prévoit que le parti conservateur de Stephen Harper remportera au moins 27 des 34 circonscriptions fédérales de l’Alberta. Le parti néo-démocrate devrait en remporter au moins deux. Les cinq circonscriptions où la compétition sera féroce entre les trois principaux partis politiques, selon lui, seront Lethbridge, Calgary Centre, Calgary Skyview, Calgary Confederation et Edmonton-Centre.

 

« Vous m’auriez posé la questions en 2011 à savoir quelles circonscriptions seraient à surveiller en Alberta et j’aurais dit zéro. En ce moment, il y en a cinq, c’est donc bien différent déjà », avance le politologue.

 

duane brattNPD provincial et NPD fédéral, même parti?

Ce qui explique en partie ce phénomène, d’après Duane Bratt, c’est que le gouvernement provincial de Rachel Notley se débrouille bien depuis qu’il a été élu. La dynamique des élections provinciales de mai, en Alberta, et celle des élections fédérales d’octobre sont pourtant bien différentes. « Rachel Notley est plus populaire que Thomas Muclair en Alberta. En revanche, Stephen Harper l’est plus que Jim Prentice l’était », explique le professeur Bratt.

 

Lors du plus récent débat des chefs, à Calgary, Stephen Harper a accusé Rachel Notley d’avoir augmenté les impôts des grandes entreprises, ce qui aurait, selon lui, plongé la province et le pays  plus creux dans la récession économique.

 

« Les accusations de Stephen Harper n’ont eu aucune répercussion en Alberta. Les Albertains se souviennent que la situation n’était pas mieux sous la gouverne de Jim Prentice. Cette stratégie s’adresse plutôt aux autres Canadiens, et qui sait, peut-être que ça pourra fonctionner », dit-il.

 

D’après Duane Bratt, le parti conservateur se sert de Rachel Notley comme bouc-émissaire, puisque, sur la scène fédérale, Thomas Mulcair n’a jamais gouverné le pays. Il est donc difficile, voire impossible pour les conservateurs de reprocher aux néo-démocrates d’avoir pris telle ou telle décision.

 

Utile, le débat?

L’analyste politique croit que Stephen Harper a remporté le débat. « C’est lui qui avait le plus de propositions concrètes et qui s’appuyait sur de vrais chiffres. L’économie a toujours été le point fort de Stephen Harper donc je ne suis pas très surpris de sa performance », avance-t-il.


« Le débat n’a probablement pas changé la façon de pensée des électeurs. La meilleure question à se poser pour mesurer les répercussions d’un débat politique est de se poser la question suivante: Combien de temps ou de jours les gens en parlent-ils? Dans le cas du dernier débat, je suis certain que samedi, les gens ont arrêté d’en parler », détermine Duane Bratt.

 

(Photos: Pixabay et Université Mount Royal)

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