Imprimer cette page

Le vin bourguignon, une denrée rare

 

Les consommateurs de vin de l’Alberta et d’ailleurs devront s’attendre à ce qu’il y ait moins de produits de la Bourgogne sur les tablettes cette année. Certains producteurs de la côte de Beaune et du village de Volnay, par exemple, ont connu plusieurs difficultés au cours des deux dernières saisons des récoltes, ce qui fait que leurs cuvées de cette année sont beaucoup plus petites.

 

Richard Harvey, le copropriétaire de Metrovino, une boutique de vin spécialisée à Calgary, revient tout juste d’un voyage d’affaires de trois semaines en Europe. Il est allé goûter aux nouveaux produits de ses vignobles favoris et en a profité pour passer des commandes. Il a commandé le même nombre de bouteilles qu’à ses derniers voyages, mais cette fois-ci, il a dû varier ses achats.

 

 

« Certains producteurs de la région de la Bourgogne ont perdu dans certains cas jusqu’à 70 % de leurs récoltes; plusieurs se demandent ce qu’ils ont fait aux dieux. Non seulement la période de floraison, au printemps 2014, s’est mal passée, mais une partie de la région a reçu un orage de grêle pendant que le fruit était toujours en train de mûrir sur la grappe », explique-t-il.  

 

Résultat : Il y aura moins de Chardonnay et de Pinot noir provenant de la Bourgogne dans son inventaire. Les producteurs de cette région avec qui il fait normalement affaire avaient, dans certains cas, jusqu’à six fois moins de bouteilles à lui vendre. « Certains de mes clients, qui commandent par exemple une dizaine de bouteilles d’un même vignoble, devront se contenter de moins. Par contre, lorsque je leur expliquerai pourquoi, ils comprendront », croit Richard Harvey, qui espère que les récoltes seront meilleures cet été, pour que la cuvée de 2015 soit plus grande.

 

« La production varie toujours selon ce que donne la nature. L’homme et la femme ne sont pas tout-puissants dans la fabrication de vin, c’est Dame Nature qui détermine le caractère et la quantité du vin », précise le marchand.

 

Une passion pour la culture et la langue française

Dans la boutique de Richard Harvey, on retrouve surtout des vins provenant de l’Europe, notamment de la France et de l’Espagne, et des États-Unis, de l’État de l’Oregon. Contrairement à d’autres commerçants, sa section de l’Amérique latine est très petite.

 

« Ma boutique est en quelque sorte le reflet de moi-même. Je suis très attiré par les vins français. J’aime aussi la langue et la culture française. Je ne sais pas trop d’où provient cette attirance. C’est une question d’âme, ce n’est pas une question de logique », lance à la blague celui qui a goûté à tous les vins en vente dans son commerce.

 

Sa passion pour le vin remonte à son adolescence. Richard Harvey est né à Victoria, en Colombie-Britannique, mais a déménagé avec ses parents dans la vallée de Sonoma, en Californie. Il se souvient que ses collègues de classe venaient de familles de vignerons. Ses parents n’étaient peut-être pas intéressés par le vin, mais leurs amis l’étaient, et se partageaient des bouteilles lors de rencontres et de réunions. C’est là où il a goûté ses premiers vins de type Sauvignon blanc.

 

Pas nécessairement pour les riches, le vin

Chez Metrovino, on trouve des vins qui coûtent, en moyenne, entre vingt et vingt-deux dollars. La clientèle qui fréquente régulièrement la boutique est très variée. Des jeunes adultes, des retraités, des gens aisés, d’autres avec des moyens plus modestes. Tous ont certes, quelque chose en commun : ils aiment le vin.

 

« J’hésite à faire une connexion entre le vin et l’argent. Toute ma carrière, j’ai lutté contre cette idée que le vin, c’est quelque chose de luxueux. Bien sûr, il faut avoir les moyens pour se payer du vin. Mon magasin vise à satisfaire les gens qui boivent du vin au quotidien, ou du moins de façon régulière. C’est pourquoi je veux que mes produits soient abordables », soutient Richard Harvey.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Éléments similaires (par tag)