Cellulaires au volant : la nouvelle loi en vigueur dès septembre

Il sera désormais interdit pour les automobilistes d’utiliser leur cellulaire au volant, d’envoyer des messages textes pendant leurs trajets ou de profiter d’un feu rouge pour faire sa toilette matinale.

Le gouvernement a pris des mesures pour réduire les distractions au volant. À partir du 1er septembre 2011, envoyer des messages textes ou utiliser tout appareil électronique qui demande d’utiliser plus d’une touche, se maquiller en conduisant, lire ou encore écrire au volant de sa voiture coûtera 172 $ d’amende aux fautifs. Seuls les dispositifs mains libres pour parler au téléphone sur la route seront tolérés.


Le directeur général du Bureau de la sécurité routière de la Ville d’Edmonton, Gerry Shimko, estime que « c’est un bon ajout à la loi sur les distractions au volant. » C’est que la province a déjà légiféré sur le sujet.

L’Alberta Traffic Act interdit aux conducteurs d’utiliser la voie publique sans faire acte de prudence ou sans tenir compte des autres usagers de la route. Les contrevenants peuvent recevoir jusqu’à six points d’inaptitudes.

Malgré cela, Gerry Shimko se souvient avoir assisté à de nombreuses infractions. « J’ai vu pas mal de situations qui auraient pu être évitées. Un jour, j’étais posté à une intersection, et sur cinq véhicules qui se sont retrouvés à faire des dépassements à droite ou des virages interdits, quatre conducteurs utilisaient un cellulaire, et le cinquième mangeait un sandwich », décrit celui qui a aussi été le chef adjoint du service de police d’Edmonton.

Chiffres à l’appui, le directeur général indique qu’en réduisant les comportements à risque, de nombreuses vies peuvent être épargnées. « Près de 80 %, des accidents qui se produisent peuvent être évités. On estime qu’il y aurait 30 % d’accidents en moins si les automobilistes faisaient plus attention à ce qu’ils font », souligne Gerry Shimko.

Ce dernier soutient que sur 11 730 collisions à Edmonton, quelque 41 % d’entre elles se produisent à l’arrière d’un véhicule, « ce qui signifie qu’on peut éviter beaucoup d’accidents ».

Selon des estimations gouvernementales, 20 à 30 % des collisions concernent des automobilistes distraits. Pour Gerry Shimko, il est donc impératif d’améliorer les méthodes de prévention. Il faut aussi préparer les citoyens à vivre le changement annoncé. C’est d’ailleurs ce que prévoit faire le gouvernement albertain, qui se donne jusqu’au 1er septembre pour amorcer une campagne de sensibilisation, afin d’aider les Albertains à comprendre les nouvelles règles.

La loi a été déposée dès l’automne 2010, selon le cabinet du ministère du Transport, qui précise également qu’il a fallu franchir plusieurs étapes et fixer une date d’entrée en vigueur, avant de finalement dévoiler, le 22 juin dernier, que la distraction au volant va être cadrée différemment à partir de septembre. 

« Même si on parle déjà de cette mesure depuis plusieurs mois, il est important de faire comprendre aux gens ce que signifie sa mise en application », indique à ce propos le porte-parole du ministère du Transport, Martin Dupuis.

Puisque l’Alberta a déjà légiféré pour contrer la distraction au volant, en quoi la nouvelle loi serait-elle plus efficace pour changer les comportements des automobilistes?

« C’est un complément à la loi existante, répond Martin Dupuis. Le but est d’améliorer les choses et de baisser le nombre de collisions sur les routes. Utiliser un cellulaire au volant ou simplement faire sa toilette matinale en conduisant est malheureusement le nouveau comportement que beaucoup de gens ont aujourd’hui, et on le remarque. »

Le porte-parole ajoute qu’une étude permettra, à long terme, de mesurer le succès de cette décision gouvernementale. « Nous regardons ce qui se passe dans les autres provinces et nous voyons ce qu’on peut faire pour améliorer la sécurité routière. Pour le moment, en Alberta, il n’existe pas d’études sur le sujet et il est encore difficile de trouver de l’information dessus. Nous allons donc surveiller les résultats en travaillant étroitement avec les forces de l’ordre, car ce sont eux qui distribuent les contraventions et qui sont sur le terrain », poursuit M. Dupuis.

La campagne de sensibilisation est déjà lancée et des messages concernant la nouvelle loi sont visibles dans les journaux ou en ligne. Il sera aussi possible d’entendre des annonces à la radio, dès le mois d’août.

Le porte-parole du ministère du Transport estime qu’il y a des raisons d’être optimiste. « Après tout, cette loi répond à un réel besoin d’améliorer la sécurité de nos routes et de nos piétons. D’ailleurs, pourquoi ne pas commencer dès maintenant à adopter un comportement plus sécuritaire et à ne pas être distrait au volant, plutôt que d’attendre que la loi soit mise en vigueur le 1er septembre? », propose-t-il.

 

 

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