Francophonie albertaine

Une francophonie « accueillante, performante, moderne et rayonnante »

Le dernier forum communautaire datait d’il y a trois ans; ce n’est pas tous les jours que tous les organismes communautaires francophones de l’Alberta se donnent rendez-vous dans un hôtel d’Edmonton pour discuter d’une stratégie commune pour l’avenir de la langue dans la province. Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel le 30 mai dernier.
 
L’ambiance rappelait une grande rencontre de famille, ce qui n’était pas très loin de la réalité. Quelques dizaines d’organismes ont fraternisé pour partager leur passion commune : la protection et l’épanouissement du français en Alberta. Chapeauté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le forum s’est penché sur diverses problématiques afin de définir le cadre stratégique des cinq prochaines années.
 
Une brève allocution des organisateurs de l’événement a révélé la thématique du jour : « L’Alberta bénéficie d’une francophonie accueillante, performance, moderne et rayonnante », selon Jean Johnson, président de l’ACFA. En plus de ces qualificatifs, il est fort de constater que  la francophonie évolue à vitesse grand V, avec une communauté de plus en plus diversifiée. « La francophonie n’est pas la même qu’il y a 15, 10 ans », a-t-il d’ailleurs reconnu. Conscients de ce fait, les organismes doivent revoir leur stratégie pour s’adapter à la réalité de 2015. « L’objectif est de mieux travailler ensemble pour la francophonie albertaine », a aussi rappelé la directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin.

Repas communautaire et concert chez l’habitant : un duo efficace

Legal

Samedi 16 mai, 57 personnes étaient présentes au dernier concert de l’année estampillé « Chemin chez nous » dans la région Centralta. Par ailleurs, aucun des six concerts de la saison n’a attiré moins de 25 spectateurs. L’explication de ce succès ? L’organisation simultanée d’un repas festif et la mise en place d’une efficace campagne de communication locale.

 

« Les gens veulent se retrouver ensemble. Avant, on jasait sur le parvis de l’église… Maintenant, il y a les écoles, mais c’est pas tout le monde qui a des enfants ! », relève Geneviève Lehoux, organisatrice bénévole des concerts Chemin chez nous 2014-2015 dans la région Centralta (Saint-Albert, Morinville, Legal). Pour aider les francophones éparpillés à se réunir, elle a décidé d’adapter la recette Chemin chez nous à sa région, avec l’aide de Chantal Fréchette.

« Si on ne partage pas la mémoire, elle est amenée à disparaître »

Les récentes vagues d’immigration en Alberta ont modifié la composition de la francophonie. Curieux de découvrir les enjeux de cette nouvelle réalité, une dizaine d’aînés en moyenne ont assisté aux cours de Paulin Mulatris du lundi 27 avril au vendredi 1er mai, au Campus Saint-Jean, dans le cadre de la semaine Plaisir d’apprendre de la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA).

« Les aînés, ce sont des gens qui ont beaucoup travaillé pour cette francophonie en contexte minoritaire. Quand il y a des changements comme [l’arrivée de nouvelles populations], je pense qu’il est très important de les tenir informés et qu’ils expriment leur point de vue », estime le professeur de sociologie Paulin Mulatris, qui a donc proposé une semaine de cours sur la nouvelle immigration pendant la semaine Plaisir d’apprendre au Campus Saint-Jean.

Jeudi 30 avril, l’universitaire a donné son avant-dernier cours. Sujet du jour : la construction identitaire de la francophonie albertaine. M. Mulatris rappelle à sa classe que les sociétés contemporaines sont aujourd’hui « globalisées ». Des personnes aux vécus très différents cohabitent et, bien sûr, l’Alberta francophone ne fait pas exception, surtout depuis une dizaine d’années.

Un Franco-Albertain né sur place et un nouvel arrivant francophone originaire de l’Afrique ou de l’Europe n’ont « parfois rien en commun,  à part la langue ! », souligne l’universitaire. Difficile d’en faire abstraction et de « zapper » cette réalité comme une émission de télévision qui ne nous intéresserait pas. Un dilemme se présente alors : comment à la fois « assurer la continuité » et « ménager un espace d’existence » commun ?

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