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Mar

10

mai

2011

Le NPD, vainqueur? Imprimer Envoyer
À lire... - Éditorial
Écrit par Le Franco   

C’est un lendemain de veille très pénible qui attendait les libéraux et bloquistes, le 3 mai dernier. Ces deux formations politiques sont sûrement en train de se questionner sur ce qui s’est passé entre le 26 mars 2011, jour du déclenchement des élections fédérales, et le 2 mai dernier, jour du vote.

Le Parti libéral du Canada, qui pensait certainement avoir touché le fond du baril en 2008 avec Stéphane Dion à la tête du parti, a réussi à faire encore pire, en n’obtenant que 34 sièges, soit 43 de moins qu’en 2008. En menant ses troupes à la plus importante défaite électorale depuis la Confédération de 1867, il n’est pas étonnant que Michael Ignatieff, qui n’a même pas réussi à se faire élire dans sa circonscription, ait décidé de quitter la direction de la formation libérale.

Même annonce du côté de Gilles Duceppe du Bloc québécois. En perdant 43 sièges, passant de 47 à 4, la formation souverainiste a été rayée, ou presque, de la carte politique fédérale. Le Bloc a aussi perdu son rôle de parti officiel à Ottawa.
 
S’il y a eu deux grands perdants, il y a aussi eu deux gagnants. Même dans ses plus beaux rêves, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, n’envisageait pas d’obtenir autant de députés, et certainement pas de faire le plein au Québec, lui qui ne comptait qu’un député de la Belle province avant le déclenchement des élections.

Les sondages laissaient entrevoir à M. Layton qu’il formerait l’opposition officielle avec quelque 70 sièges, il en a obtenu 102. Cependant, cette victoire historique néo-démocrate comporte un bémol majeur : Jack Layton aurait certainement préféré former une opposition avec 70 sièges dans un gouvernement minoritaire que d’avoir 102 députés dans un gouvernement majoritaire.

Ma fille de 10 ans, qui découvre la démocratie à l’école, me demandait au lendemain des élections, ce que cela voulait dire pour les néo-démocrates cette 2e place. « Jack Layton est maintenant la personnes qui pourra chialer le plus, mais qui n’a aucun pouvoir! », lui aies-je spontanément répondu.

C’est un phénomène qui a été presqu’oublié que les Canadiens observeront au cours des quatre prochaines années. Il faut remonter au mois de juin 2004 pour voir le dernier gouvernement majoritaire que le pays a eu. À la suite du scandale des commandites, les libéraux avaient perdu cette majorité à la Chambre des communes.

Ainsi, Jack Layton pourra dénoncer comme il le veut certaines décisions du gouvernement conservateur de Stephen Harper, il n’y pourra pas faire grande chose. Surtout qu’au Sénat, les conservateurs ont maintenant le champ libre, puisque depuis le mois d’avril 2010, ils détiennent la pluralité des sièges. Le chef de l’Opposition pourrait donc trouver les quatre prochaines années très longues, mais pas autant que les libéraux et bloquistes, dont les rôles au Communes seront nettement plus effacés.

Le grand vainqueur de cette soirée électorale a été Stephen Harper. Il a patienté longtemps avant d’obtenir ce qu’il voulait, soit une majorité de sièges avec 167, pour diriger le pays comme il l’entend jusqu’en 2015.

Terminé les compromis pour les conservateurs, ils peuvent désormais mettre en place les programmes qu’ils souhaitent et abolir ceux qui ne rencontrent pas leurs priorités. Dans cette optique, il sera intéresse de voir ce que réserve le gouvernement Harper pour la francophonie canadienne. Est-il bon de rappeler que la Feuille de route pour la dualité linguistique, qui est assortie d’une enveloppe de 1,1 milliard $ sur cinq ans, arrive à échéance en 2012. Dans un souci de rétablir l’équilibre financier, le gouvernement conservateur optera-t-il de ne pas renouveler cette engagement envers la francophonie canadienne? Nous y reviendrons…




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