Étudier en théâtre dans l’ouest, une nouvelle possibilité

Le Campus Saint-Jean (CSJ) offrira, à compter de septembre 2013, une nouvelle majeure de 30 crédits en étude théâtrale.

En ce moment, les étudiants qui désirent s’instruire sur cette forme d’art peuvent effectuer une mineure en études théâtrales et participer aux évènements ponctuels organisés par le Théâtre au Pluriel, qui est la scène du CSJ. En 2007, Patrimoine canadien, l’Association des compagnies de théâtre de l’Ouest et l’Association des théâtres francophones du Canada avaient manifesté leur désir de voir se développer des programmes francophones de formation théâtrale dans l’Ouest.


Après avoir consulté les quatre compagnies de théâtre professionnel francophone de l’Ouest, dont L’UniThéâtre en Alberta, afin d’étudier la possibilité d’offrir un programme en théâtre plus développé tout en tenant compte du marché disponible, Mme Ladouceur avoue qu’il était difficile de concevoir un nouveau programme du point de vue logistique et géographique.

 « Il y a eu beaucoup de développement depuis 2008. Nous avons fondé le Théâtre au Pluriel, créé la majeure qui sera inaugurée sous peu et nous continuons avec la mineure », expose Louise Ladouceur, responsable du programme d’études théâtrales. Un certificat est également en voie de développement.

La création d’un Baccalauréat a été écartée. Le marché potentiel, la clientèle et les effectifs étudiants escomptés ne justifiaient pas l’ajout d’un programme aussi élaboré.

Il ne s’agit donc pas d’une école de théâtre en soi qui permettrait de former des professionnels. Cependant, Mme Ladouceur assure que la majeure, jumelée à l’expérience offerte par le Théâtre au Pluriel et les opportunités qu’offrent le Théâtre Talo, la troupe du CSJ, offre suffisamment de ressources, d’expériences et de connaissances à un étudiant afin que ce dernier détermine s’il veut poursuivre dans ce domaine ou non.

Le théâtre francophone de l’Ouest, un monde particulier
Le comédien André Roy œuvre à promouvoir le théâtre franco-albertain depuis longtemps. Le Collège Saint-Jean où il étudiait à la fin des années 1960 lui a versé des bourses d’études pour participer à des camps estivaux intensifs de théâtre au Québec.

Il aura appris de gens chevronnés du milieu, tels que Jacques Létourneau, mieux connu par son personnage du pirate Maboule, à la télé francophone de Radio-Canada.

Depuis, il s’investit à produire des œuvres d’ici afin de refléter la culture franco-albertaine, bien différente, selon lui, de celle des Québécois.

« J’ai toujours fait beaucoup de théâtre. En général, on embauchait des metteurs en scène ou des directeurs artistiques du Québec ou de la France. À l’époque, on jouait surtout du classique. S’il s’y connaissait en théâtre, le jeu sur scène reste le même », assure le comédien.

Les choses se corsent lorsqu’il s’agit de projeter les réalités albertaines. André Roy se remémore, d’ailleurs, une pièce albertaine de Ken Brown, traduite dans la langue de Molière, La vie après le hockey, qu’il avait présentée à Québec au début des années 1990 et dont le metteur en scène était d’origine française.

« Il avait de la difficulté à comprendre la dynamique du hockey, et notre réalité de Franco-Albertain en tant que minoritaire », souligne-t-il.

Théâtre au pluriel, une scène audacieuse
« Le bilinguisme des francophones de l’Ouest est une ressource, mais aussi quelque chose de revendiqué par ces derniers. C’est un atout alors aussi bien l’explorer et voir ce que cela peut apporter sur scène », expose Louise Ladouceur.

Le Théâtre au Pluriel invite des experts pour donner des ateliers et offrir un supplément d’expérience théâtrale aux étudiants.

En 2009, l’auteur Marc Prescott, du Manitoba, est venu présenter sa pièce, Sex, Lies et les Franco-Manitobains. Le Théâtre au Pluriel y a ajouté sa touche en produisant des sous-titres infidèles et ludiques, c’est-à-dire qui ajoutaient une couche d’ironie à la pièce en ne respectant pas nécessairement le texte.

« Le public est bilingue alors nous pouvons jouer avec les deux langues, les sous-titres offraient un autre message que celui véhiculé dans la pièce et cela offrait un supplément de sens. Ça a été bien reçu », affirme Louise Ladouceur. Celle-ci désire aller de l’avant avec cette esthétique bilingue spécifique aux communautés francophones de l’Ouest.

Le théâtre et les Franco-Albertains
Le théâtre en tant qu’art oral a d’ailleurs toujours fait partie intégrante de la survie du français en Alberta, de par sa dimension collective qui permettait de faire vivre la langue minoritaire, grandement menacée à l’époque.

« Nous savons comment survivre. L’anglais est là, mais notre fierté d’être francophone est importante. Si t’apprends à faire du théâtre, tu peux le faire dans n’importe quelle langue, l’élément théâtre reste le même. C’est fantastique si quelque chose peut être promu par des gens de théâtre. C’est bien que cela existe », témoigne M. Roy.

Louise Ladouceur est catégorique : « Le théâtre a toujours été une forme d’art très importante pour les communautés minoritaires. C’est une façon, non seulement de faire exister cette langue, mais de l’affirmer sur la place publique. C’est unoutil de résistance », conclut-elle.

 

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