Festival de films du GRITI : succès mitigé

Traversée… de cultures, était le titre de l’édition 2012 du festival de films du Groupe de recherche sur l’inter/transculturalité et l’immigration (GRITI), qui s’est tenu à l’auditorium du Campus Saint-Jean (CSJ) du 26 au 29 janvier dernier.

« Lorsqu’on parle de traversée des cultures, on parle de déplacement, de dépaysement. C’est un changement de territoire, mais cela peut aussi être une traversée interne, d’un individu par rapport à l’autre », a expliqué le professeur du CSJ et codirecteur du GRITI, Paul Dubé.


Bien que les participants soient plus nombreux que l’an dernier, ce dernier qualifie la deuxième édition de succès mitigé, voire, très mitigé pour la journée du samedi, conscient toutefois, des occupations ludiques des personnes pour cette journée.

 

 

« Les gens croient que nous présentons des films axés sur une thématique précise sans y retrouver la composante esthétique du cinéma. Nous avons fait des efforts importants pour trouver des films récents, de qualité et bien cotés pour leur composante artistique, aussi importante que la thématique abordée », mentionne Paul Dubé.

Ce festival ne cherche pas seulement à instruire les gens autour de questions importantes comme les conditions favorables à l’inclusion des nouveaux arrivants, mais tente d’offrir aux participants une expérience semblable à ce qu’ils peuvent vivre dans leur communauté, appelée à être de plus en plus multiculturelle.

La thématique du festival s’altère chaque année pour toucher des questions d’actualité en gardant toujours la notion des contacts des cultures en arrière-fond.

Programmation profonde
Le film Incendies, de Denis Villeneuve, lançait la programmation au Metro Cinema at the Garneau, où le professeur de théâtre du Campus, Bernard Salva, présentait l’œuvre tirée de la pièce de Wajdi Mouawad.

« C’est une expérience à tous les niveaux. Ce film choque, dérange, provoque. Il nous fait réfléchir et comprendre la situation. Il s’agit d’une allégorie de ce qui se passe dans ces pays en guerre au Moyen-Orient et qui trouve une résonnance dans nos communautés puisque ces gens quittent cet endroit et se déplacent. Ces traumatismes commencent à faire partie de la mémoire collective de nos communautés », déclare M. Dubé.

Une réalité illustrée, au Canada, avec le verdict du procès Shafia tombé le 29 janvier dernier, une famille, en Ontario, qui a été reconnue coupable de meurtre au premier degré pour des considérations d’honneur. 

L’importance de ce festival repose dans sa formule cinéclub, qui sous-entend que la représentation est suivie d’un échange d’idées pour amener les spectateurs à mieux comprendre le film, mais aussi pour transposer les éléments qu’on y retrouve dans leur vie quotidienne. M. Dubé rappelle que la dimension de l’enrichissement culturel à travers les expériences différentes reste la composante primordiale à ce festival.

« Le cinéma est un médium qui passe bien et qui a beaucoup d’importance dans le monde d’aujourd’hui. Nous proposons plusieurs films et s’ils suscitent des sentiments forts, et bien tant mieux. C’est la dimension humaine qui est importante, cela permet de rejoindre le sens de la vie et des choses », témoigne le professeur.

Welcome
Le film français Welcome, présenté durant le festival, aura tout de même attiré environ 25 personnes à sa représentation. Cette œuvre met en lumière la dynamique entre les réfugiés qui arrivent en Europe pour faire fortune et l’accueil qui leur est réservé, en l’occurrence par l’État français.

Le codirecteur affirme qu’il est temps de préparer les individus et transformer les institutions afin de favoriser les conditions d’inclusion et bâtir une société hétérogène.

Paul Dubé précise qu’aucun public n’a été ciblé pour le festival. « On tente d’inciter toute la population à participer à ce genre d’exercice culturel et esthétique pour créer un lieu d’accueil, et la population francophone a besoin de cet enrichissement démographique et culturel », avance-t-il.

Il souligne du même souffle l’absence de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) qui n’a assisté à aucune des représentations et n’a participé à aucune discussion, bien que l’association tenait une rencontre du Réseau de l’immigration francophone à Calgary, le 26 janvier dernier. « Je trouve ironique qu’aucun membre de l’ACFA, où aucune personne qui y travaille n’ait eu le temps de venir voir un seul film », déplore M. Dubé.

Une troisième édition
Le professeur aimerait intégrer le festival du film du GRITI dans les activités scolaires du Campus. C’est pourquoi il doit s’assurer de terminer l’organisation de la prochaine édition avant la fin du mois de juin pour que sa proposition soit reçue. Quelque chose qu’il fait déjà avec ses étudiants, avec qui il reviendra sur certains aspects qui se rapportent aux films présentés durant la fin de semaine.

Afin d’intéresser plus de gens à ces questions qu’il juge primordiales, M. Dubé planifie déjà sa prochaine stratégie. « Pour un meilleur succès dans les prochaines années, il faudrait élargir le comité organisateur pour irradier dans la communauté et engager des gens des associations et des personnes du troisième âge, par exemple, pour qu’ils mobilisent leur population et qu’ensemble, on se retrouve », suggère le codirecteur.
 

 

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